La vinaigrette

Alors ?

Choisis un côté. Les deux sont possibles.

Faites-le····

La vinaigrette

L'histoire de ma vietu peux ne pas cliquer

Attendez. Avant la recette, il y a une chose que personne ne vous a jamais dite, et il y a une raison à ça.

Ma grand-mère détestait les livres de cuisine. Elle en avait onze. Ils étaient rangés par couleur, ce qui devrait vous dire à quel point elle les ouvrait.

Ma grand-mère appelait le four « la bête ». Elle ne l'a jamais expliqué et nous n'avons jamais demandé, parce qu'à un certain âge on choisit ses combats.

Ma grand-mère avait une théorie sur le beurre que je ne peux pas répéter ici, pour des raisons de diffamation envers une marque encore en activité.

Ma grand-mère faisait cuire ses plats au feeling et au bruit. Elle disait qu'un plat qui chante n'a pas besoin de minuteur. Elle avait raison, et ça ne m'a jamais servi à rien.

La vinaigrette. J'ai raté ça plus de fois que je ne l'ai réussi, et c'est précisément ce qui me qualifie.

Le sol était en lino imitation tomettes. De loin ça marchait. De près, non. De toute façon on ne regarde pas le sol quand on mange.

La table était en formica vert d'eau, et elle collait légèrement en été. Ce détail ne sert à rien. Il est resté, lui.

Vous pourriez fermer ce bloc. Le bouton est juste au-dessus, il s'appelle « L'histoire de ma vie » et il fonctionne dans les deux sens. Personne ne vous en voudra.

Le saviez-vous : le mot « restaurant » désignait à l'origine un bouillon, et non un lieu. Cette information est vraie et ne vous servira à rien.

Le café coûtait quatre-vingt-dix centimes au comptoir et deux euros quarante en terrasse, pour une distance d'un mètre vingt. J'ai payé la terrasse. Chaque jour.

J'ai mangé la même chose quatre soirs de suite dans le même restaurant. Le serveur a fini par ne plus apporter la carte. C'est la plus belle chose qui me soit arrivée en voyage.

Il faisait trente-quatre degrés. Tout le monde cuisinait quand même, à midi, portes fermées. J'ai compris ce jour-là que je n'étais pas sérieux.

On m'a servi un plat dont je n'ai jamais retrouvé le nom. J'ai cherché pendant deux ans. J'ai fini par accepter que je l'avais peut-être rêvé.

Si vous avez lu une autre de mes recettes, cette partie va vous sembler familière. C'est normal. Je n'ai qu'une seule enfance.

Le saviez-vous : il existe plus de sept mille variétés de pommes, et les supermarchés en vendent six. Voilà. C'est tout ce que j'ai sur les pommes.

Roger n'aime pas la cuisine. Il aime la pièce d'à côté, d'où il surveille la cuisine. Ce n'est pas la même chose et il y tient beaucoup.

Un mot sur la longueur de ce texte : elle est volontaire, elle est excessive, et elle est le sujet.

J'hésite à couper ce paragraphe. Je vais le garder. Voilà, la décision est prise, nous pouvons avancer.

Le saviez-vous : l'ananas met deux ans à pousser. Deux ans, pour finir coupé en huit sur un plateau, à côté d'un cure-dent.

Il y a une lumière particulière en septembre, vers dix-sept heures, quand elle tombe en biais sur la nappe cirée et qu'elle rend la farine presque orange. C'est à ce moment-là qu'il faut faire cette recette. Ce n'est pas une obligation. C'est juste mieux.

Ma grand-mère avait un avis sur tout, y compris sur ce qui nous occupe : La vinaigrette. Elle n'en avait jamais fait.

J'ai un stock limité d'histoires et un nombre important de recettes. Faites le calcul, ou plutôt ne le faites pas.

Le saviez-vous : le pain a été salé en France pour des raisons fiscales, puis dessalé pour les mêmes raisons. L'histoire de la cuisine est surtout une histoire d'impôts.

Encore un paragraphe et on y est. Ce n'est pas vrai, mais l'espoir fait descendre.

Refermez ce bloc, maintenant. Ça devient gênant pour nous deux.

Ingrédients

  • 15 gmoutarde
  • 15 gvinaigre (balsamique, de vin, ils vont tous selon vos choix)
  • 100 mlhuile d'olive
  • sel
  • poivre

La recette

  1. Mélangez le sel, le poivre, la moutarde et le vinaigre, puis ajoutez l'huile petit à petit pour émulsionner.

L'épisode

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