Les tortillas

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Les tortillas

Pour 12 tortillas

L'histoire de ma vietu peux ne pas cliquer

Attendez. Avant la recette, il y a une chose que personne ne vous a jamais dite, et il y a une raison à ça.

Ma grand-mère détestait les livres de cuisine. Elle en avait onze. Ils étaient rangés par couleur, ce qui devrait vous dire à quel point elle les ouvrait.

Ma grand-mère servait toujours trop. Systématiquement. Refuser était perçu comme une prise de position politique.

Ma grand-mère ne mesurait rien. Jamais. Elle regardait le saladier et elle savait. Quand je lui demandais combien, elle répondait « ce qu'il faut », ce qui n'a jamais aidé personne.

Ma grand-mère appelait le four « la bête ». Elle ne l'a jamais expliqué et nous n'avons jamais demandé, parce qu'à un certain âge on choisit ses combats.

Roger n'a jamais goûté ce que vous êtes venu chercher : Les tortillas. Ce n'est pas faute d'avoir essayé, de son côté.

Le carrelage était jaune. Pas jaune vif, jaune fatigué, ce jaune des années soixante-dix qui a vu passer trois générations et deux divorces.

Il y avait une horloge murale qui avançait de sept minutes. Personne ne l'a jamais réglée. Toute la famille calculait, en silence, depuis 1988.

Si vous avez lu une autre de mes recettes, cette partie va vous sembler familière. C'est normal. Je n'ai qu'une seule enfance.

Le saviez-vous : les carottes ne rendent pas aimable. C'est une invention de parents, et elle a très bien fonctionné sur moi jusqu'à vingt-trois ans.

Le village avait une place, une église et un bar. Le bar fermait à des horaires que personne ne connaissait, y compris le patron, que j'ai interrogé.

J'ai mangé la même chose quatre soirs de suite dans le même restaurant. Le serveur a fini par ne plus apporter la carte. C'est la plus belle chose qui me soit arrivée en voyage.

J'y suis retourné en 2021. Le marché existait toujours. Marco, ou Mario, non. Je n'ai pas osé demander et j'y pense encore de temps en temps, généralement le soir.

Il y avait un marché le mardi. Toujours le mardi. Jamais le mercredi, ne me demandez pas pourquoi, personne n'a su me l'expliquer et j'ai posé la question à quatre personnes.

On m'a dit un jour qu'il fallait raconter une histoire avant une recette. On ne m'a jamais dit pourquoi. J'ai arrêté de demander.

Le saviez-vous : il n'existe aucune définition légale du mot « artisanal » sur un emballage. Dormez bien.

Roger a une opinion sur cette recette. Il l'exprime en se couchant lourdement contre le four, ce qui n'est pas très clair.

Un mot sur la longueur de ce texte : elle est volontaire, elle est excessive, et elle est le sujet.

Il paraît que ce genre de texte aide le référencement. Je ne sais pas si c'est vrai. J'ai décidé que oui, parce que ça m'arrange.

Le saviez-vous : la carotte a été orange pour des raisons politiques avant de l'être pour des raisons de goût. J'ai vérifié une fois, il y a six ans, et je n'ai pas revérifié depuis.

La table était en formica vert d'eau, et elle collait légèrement en été. Ce détail ne sert à rien. Il est resté, lui.

Le sujet du jour : Les tortillas. Il attendra encore un peu, comme tout le monde ici.

Je sais ce que vous vous dites. Vous vous dites : est-ce que tout ça va quelque part. La réponse est non, et nous en sommes tous les deux conscients.

Le saviez-vous : la noix de muscade est légèrement hallucinogène à forte dose. Ce n'est pas une invitation, c'est une note de bas de page.

Je pourrais varier davantage. Je pourrais aussi faire beaucoup de choses.

Je m'arrête. Pas parce que je n'ai plus rien, mais parce qu'il faut bien manger un jour.

Ingrédients

  • 360 gfarine
  • 80 ghuile
  • 240 geau
  • 18 gsel

La recette

  1. Dans un grand saladier, mélangez les 360 g de farine avec les 18 g de sel.

  2. Ajoutez les 80 g d'huile et mélangez jusqu'à ce qu'elle soit bien répartie dans la farine.

  3. Ajoutez progressivement les 240 g d'eau tiède tout en mélangeant.

  4. Lorsque la pâte commence à se former, pétrissez-la pendant environ 5 minutes, jusqu'à obtenir une pâte souple, lisse et homogène.

  5. Formez une boule, couvrez-la et laissez-la reposer pendant 30 minutes à température ambiante. Ce repos permettra à la pâte de s'étaler beaucoup plus facilement.

  6. Divisez la pâte en 10 à 12 portions, selon la taille de tortillas souhaitée, puis formez des petites boules.

  7. Sur un plan de travail légèrement fariné, étalez chaque boule très finement à l'aide d'un rouleau à pâtisserie. Essayez d'obtenir des disques réguliers.

  8. Faites chauffer une poêle sans matière grasse à feu moyen-vif.

  9. Déposez une tortilla dans la poêle bien chaude et faites-la cuire environ 30 à 60 secondes, jusqu'à ce que des bulles apparaissent et que quelques taches dorées se forment dessous.

  10. Retournez-la et poursuivez la cuisson environ 20 à 40 secondes de l'autre côté. Évitez de trop les cuire, sinon elles deviendront sèches et cassantes.

  11. Au fur et à mesure de la cuisson, empilez les tortillas et couvrez-les immédiatement avec un torchon propre. La vapeur les gardera souples.

  12. Servez-les encore tièdes pour des wraps, tacos, fajitas ou burritos.

L'épisode

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