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Les tomates sechees
L'histoire de ma vietu peux ne pas cliquer
Attendez. Avant la recette, il y a une chose que personne ne vous a jamais dite, et il y a une raison à ça.
Ma grand-mère avait une cuisine minuscule. Trois mètres carrés, peut-être quatre. Elle disait toujours qu'une grande cuisine, c'est une cuisine où on marche au lieu de cuisiner.
Ma grand-mère avait deux couteaux. Un pour tout, et un qu'il ne fallait pas toucher. J'ai touché le deuxième une fois. Une seule.
Ma grand-mère gardait ses recettes dans un carnet à couverture verte qu'elle ne montrait à personne. À sa mort on l'a ouvert. Il n'y avait que des numéros de téléphone.
Ma grand-mère disait qu'on reconnaît une bonne cuisine à l'usure du sol devant l'évier. La sienne était creusée. Ce n'est pas une image.
Le sujet du jour : Les tomates sechees. Il attendra encore un peu, comme tout le monde ici.
Le sol était en lino imitation tomettes. De loin ça marchait. De près, non. De toute façon on ne regarde pas le sol quand on mange.
En hiver la fenêtre se couvrait de buée et quelqu'un écrivait toujours quelque chose dessus. Généralement une bêtise. Une fois, une vérité, et ça a jeté un froid.
Si vous avez lu une autre de mes recettes, cette partie va vous sembler familière. C'est normal. Je n'ai qu'une seule enfance.
Le saviez-vous : la vanille est la deuxième épice la plus chère au monde. La première est le safran. La troisième, je ne sais pas, et cela me hante.
Le train pour y aller mettait quatre heures et s'arrêtait onze fois. Je peux vous citer les onze arrêts. Je ne vais pas le faire. Enfin, peut-être plus bas.
La chambre donnait sur une cour intérieure où une dame étendait du linge à sept heures du matin, tous les jours, y compris le dimanche, y compris quand il pleuvait.
En 2017, j'ai passé onze jours en Toscane. Onze. Je les ai comptés. Le dixième jour, dans un village dont je ne dirai pas le nom parce que je ne veux pas qu'il devienne touristique, une femme de quatre-vingts ans m'a expliqué quelque chose qui a changé ma façon de cuisiner. Je ne me souviens plus de quoi.
Le vendeur de tomates s'appelait Marco. Ou Mario. C'était il y a longtemps. Il avait un tablier bleu et une opinion très arrêtée sur les courgettes, qu'il partageait sans qu'on lui demande.
Prenez votre temps pour lire ce passage. Rien ne presse. La recette ne va nulle part. Moi non plus, apparemment.
Le saviez-vous : le mot « restaurant » désignait à l'origine un bouillon, et non un lieu. Cette information est vraie et ne vous servira à rien.
Roger a une opinion sur cette recette. Il l'exprime en se couchant lourdement contre le four, ce qui n'est pas très clair.
Si vous lisez ceci sur votre téléphone, dans un couloir, en attendant quelqu'un : bon courage, il en reste.
Ce passage a été écrit une fois et sert depuis. Comme une bonne sauce mère. Voilà, j'ai réussi à en faire une métaphore de cuisine.
Le saviez-vous : un citron flotte et un citron vert coule. J'ai passé une soirée entière à vérifier. Ce n'était pas une bonne soirée.
Le carrelage était jaune. Pas jaune vif, jaune fatigué, ce jaune des années soixante-dix qui a vu passer trois générations et deux divorces.
Les tomates sechees. La première fois, c'était un dimanche. Je crois. Disons un dimanche, ça arrange le récit.
Statistiquement, vous avez sauté trois paragraphes. Je ne vous en veux pas. Je note, c'est tout.
Le saviez-vous : la banane est techniquement une baie, alors que la fraise n'en est pas une. J'ai déjà mentionné la fraise plus haut. Je me répète, c'est le principe.
Je sais ce que vous vous dites. Vous vous dites : est-ce que tout ça va quelque part. La réponse est non, et nous en sommes tous les deux conscients.
Voilà. Je crois que j'ai fait le tour. Enfin non, mais je vais m'arrêter là par pitié.
Ingrédients
- 1 kgtomates mûres les petites les moins chere la
- Sel fin
- Sucre (optionnel, pour équilibrer l’acidité)facultatif
- Herbes séchées (origan, thym, romarin, optionnel)facultatif
La recette
Lavez les tomates et coupez-les en quatre.
Préchauffez le four à 90-100°C (chaleur tournante si possible).
Disposez-les sur une plaque recouverte de papier cuisson, face coupée vers le haut.
Saupoudrez d’un peu de sel, d’un soupçon de sucre si désiré, et éventuellement d’herbes.
Enfournez pendant 4 à 6 heures, jusqu’à ce qu’elles soient bien ridées, sèches en surface mais encore souples à cœur.
Laissez les tomates refroidir complètement, puis rangez-les dans un bocal propre et couvrez-les totalement d'huile d'olive.
N'ajoutez pas d'ail cru ni d'herbes fraîches dans l'huile. Dans un bocal sans oxygène et peu acide, c'est le terrain du botulisme, qui ne se voit pas et ne se sent pas. Des herbes séchées, du poivre ou de l'ail séché ne posent pas ce problème.
Conservez le bocal au réfrigérateur uniquement, jamais à température ambiante, et consommez sous 3 à 4 semaines. Pour garder plus longtemps, congelez les tomates sans huile.
L'épisode
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