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Le tiramisu
Pour 6 personnes
L'histoire de ma vietu peux ne pas cliquer
Cette histoire commence dans une cuisine qui n'existe plus, dans une maison vendue en 2009.
Ma grand-mère avait un tablier qu'elle ne lavait qu'en août. Elle disait que le lavage enlevait le goût. Je n'ai jamais su si elle plaisantait.
Ma grand-mère avait une balance. Elle ne s'en servait pas. Elle la gardait sur l'étagère du haut, hors de portée, comme un avertissement adressé à je ne sais qui.
Ma grand-mère parlait à ses casseroles. Pas beaucoup. Juste ce qu'il faut pour qu'on se demande.
Ma grand-mère laissait la porte du four ouverte après cuisson, l'hiver, pour chauffer la pièce. Je sais que c'est déconseillé. Elle le savait aussi.
Roger n'a jamais goûté ce que vous êtes venu chercher : Le tiramisu. Ce n'est pas faute d'avoir essayé, de son côté.
Il faisait chaud. Pas une chaleur d'été, une chaleur de cuisine, celle qui monte du sol et qui vous colle la chemise dans le dos vers la troisième étape.
La table était en formica vert d'eau, et elle collait légèrement en été. Ce détail ne sert à rien. Il est resté, lui.
Vous pourriez fermer ce bloc. Le bouton est juste au-dessus, il s'appelle « L'histoire de ma vie » et il fonctionne dans les deux sens. Personne ne vous en voudra.
Le saviez-vous : la noix de muscade est légèrement hallucinogène à forte dose. Ce n'est pas une invitation, c'est une note de bas de page.
Le café coûtait quatre-vingt-dix centimes au comptoir et deux euros quarante en terrasse, pour une distance d'un mètre vingt. J'ai payé la terrasse. Chaque jour.
Le vendeur de tomates s'appelait Marco. Ou Mario. C'était il y a longtemps. Il avait un tablier bleu et une opinion très arrêtée sur les courgettes, qu'il partageait sans qu'on lui demande.
En 2017, j'ai passé onze jours en Toscane. Onze. Je les ai comptés. Le dixième jour, dans un village dont je ne dirai pas le nom parce que je ne veux pas qu'il devienne touristique, une femme de quatre-vingts ans m'a expliqué quelque chose qui a changé ma façon de cuisiner. Je ne me souviens plus de quoi.
Il y avait un marché le mardi. Toujours le mardi. Jamais le mercredi, ne me demandez pas pourquoi, personne n'a su me l'expliquer et j'ai posé la question à quatre personnes.
Je crois que j'ai déjà raconté ça ailleurs. Tant pis. Vous n'étiez peut-être pas là.
Le saviez-vous : la banane est techniquement une baie, alors que la fraise n'en est pas une. J'ai déjà mentionné la fraise plus haut. Je me répète, c'est le principe.
Roger n'aime pas la cuisine. Il aime la pièce d'à côté, d'où il surveille la cuisine. Ce n'est pas la même chose et il y tient beaucoup.
Encore un paragraphe et on y est. Ce n'est pas vrai, mais l'espoir fait descendre.
J'hésite à couper ce paragraphe. Je vais le garder. Voilà, la décision est prise, nous pouvons avancer.
Le saviez-vous : une fraise n'est pas un fruit. Enfin, si, mais pas de la façon dont vous le pensez, et honnêtement la nuance n'intéresse personne.
Les murs étaient couverts d'une toile de verre peinte en blanc cassé, et près de la gazinière il y avait une auréole plus foncée que personne n'a jamais tenté de nettoyer.
On me demande souvent si ça vaut vraiment le coup : Le tiramisu, je veux dire. La réponse est plus bas, et elle est courte.
Nous approchons de la fin. Je dis ça sans aucune garantie, et surtout sans engagement de ma part.
Le saviez-vous : le mot « restaurant » désignait à l'origine un bouillon, et non un lieu. Cette information est vraie et ne vous servira à rien.
On m'a dit un jour qu'il fallait raconter une histoire avant une recette. On ne m'a jamais dit pourquoi. J'ai arrêté de demander.
Et c'est ainsi que je n'ai toujours rien expliqué. La recette, elle, explique tout, et elle est juste en dessous.
Ingrédients
- 500 gmascarpone
- 4gros œufs très frais
- 100 gsucre
- 250 à 300 gbiscuits à la cuillère (savoiardi)
- 300 mlcafé espresso bien corsé
- cacao amer en poudre
- 1 pincéesel
- 2 à 3 c. à soupeMarsala, si vous en avez (il n'est même pas très sûr lui-même de ce que c'est)facultatif
La recette
Préparer 300 ml de café bien corsé et le laisser refroidir complètement. Si vous utilisez du Marsala, l'ajouter au café froid.
Séparer les blancs des jaunes. Fouetter les jaunes avec le sucre pendant 4 à 5 minutes, jusqu'à obtenir un mélange clair et mousseux.
Assouplir rapidement le mascarpone puis l'incorporer aux jaunes. Mélanger juste assez pour obtenir une crème lisse et homogène.
Monter les blancs en neige avec une pincée de sel jusqu'à obtenir des pics fermes. Les incorporer délicatement à la crème avec une maryse.
Tremper chaque biscuit très rapidement dans le café froid, environ 1 seconde de chaque côté. Ne les noyez pas.
Faire une couche de biscuits, ajouter la moitié de la crème, puis une deuxième couche de biscuits et terminer avec le reste de crème.
Couvrir et laisser au frigo au moins 6 heures, idéalement toute une nuit.
Juste avant de servir, saupoudrer généreusement de cacao amer.
L'épisode
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