Faites-le·····
Le taboule
Pour 1 kg environ
L'histoire de ma vietu peux ne pas cliquer
On va prendre notre temps. Vous n'avez rien de prévu, sinon vous ne seriez pas là.
Ma grand-mère servait toujours trop. Systématiquement. Refuser était perçu comme une prise de position politique.
Ma grand-mère ne mesurait rien. Jamais. Elle regardait le saladier et elle savait. Quand je lui demandais combien, elle répondait « ce qu'il faut », ce qui n'a jamais aidé personne.
Ma grand-mère avait une cuisine minuscule. Trois mètres carrés, peut-être quatre. Elle disait toujours qu'une grande cuisine, c'est une cuisine où on marche au lieu de cuisiner.
Ma grand-mère disait qu'on reconnaît une bonne cuisine à l'usure du sol devant l'évier. La sienne était creusée. Ce n'est pas une image.
Le taboule. J'ai raté ça plus de fois que je ne l'ai réussi, et c'est précisément ce qui me qualifie.
Il y avait un courant d'air entre la porte et la fenêtre qui faisait battre le torchon accroché à la poignée. On appelait ça « le vent de la cuisine », comme si c'était un phénomène météorologique local.
Le robinet gouttait. Un goutte-à-goutte lent, presque musical, qui reprenait exactement quand on croyait qu'il s'était arrêté.
À ce stade, la plupart des gens ont abandonné. Si vous êtes encore là, vous êtes soit très patient, soit en train de faire autre chose en même temps. Les deux me vont.
Le saviez-vous : le miel ne périme pas. On en a retrouvé dans des tombes égyptiennes, encore comestible. Personne n'a précisé s'il était bon.
Le village avait une place, une église et un bar. Le bar fermait à des horaires que personne ne connaissait, y compris le patron, que j'ai interrogé.
Le café coûtait quatre-vingt-dix centimes au comptoir et deux euros quarante en terrasse, pour une distance d'un mètre vingt. J'ai payé la terrasse. Chaque jour.
Il faisait trente-quatre degrés. Tout le monde cuisinait quand même, à midi, portes fermées. J'ai compris ce jour-là que je n'étais pas sérieux.
En 2017, j'ai passé onze jours en Toscane. Onze. Je les ai comptés. Le dixième jour, dans un village dont je ne dirai pas le nom parce que je ne veux pas qu'il devienne touristique, une femme de quatre-vingts ans m'a expliqué quelque chose qui a changé ma façon de cuisiner. Je ne me souviens plus de quoi.
Nous approchons de la fin. Je dis ça sans aucune garantie, et surtout sans engagement de ma part.
Le saviez-vous : la noix de muscade est légèrement hallucinogène à forte dose. Ce n'est pas une invitation, c'est une note de bas de page.
Roger a une opinion sur cette recette. Il l'exprime en se couchant lourdement contre le four, ce qui n'est pas très clair.
Un mot sur la longueur de ce texte : elle est volontaire, elle est excessive, et elle est le sujet.
Si vous lisez ceci sur votre téléphone, dans un couloir, en attendant quelqu'un : bon courage, il en reste.
Le saviez-vous : il existe plus de sept mille variétés de pommes, et les supermarchés en vendent six. Voilà. C'est tout ce que j'ai sur les pommes.
Il y a une lumière particulière en septembre, vers dix-sept heures, quand elle tombe en biais sur la nappe cirée et qu'elle rend la farine presque orange. C'est à ce moment-là qu'il faut faire cette recette. Ce n'est pas une obligation. C'est juste mieux.
On me demande souvent si ça vaut vraiment le coup : Le taboule, je veux dire. La réponse est plus bas, et elle est courte.
Je pourrais varier davantage. Je pourrais aussi faire beaucoup de choses.
Le saviez-vous : un citron flotte et un citron vert coule. J'ai passé une soirée entière à vérifier. Ce n'était pas une bonne soirée.
Vous vous demandez si je réutilise les mêmes anecdotes d'une recette à l'autre. Excellente question. Suivante.
Fin de l'histoire. Elle n'avait pas de fin prévue, j'ai simplement décidé que c'était maintenant.
Ingrédients
- 250 gsemoule moyenne
- 250 gtomates
- 180 gconcombre
- 60 graisins secs
- 70 goignon rouge
- 25 gpersil frais
- 15 gmenthe fraîche
- 90 gjus de citron
- 55 ghuile d'olive
- 120 geau
- 8 gsel
- 2 gpoivre
- 2 gcumin moulu
- 1 petite pincéepiment ou paprikafacultatif
- 10 à 15 gconcentré de tomatefacultatif
La recette
Mets les 250 g de semoule dans un grand saladier.
Ajoute 120 g d'eau, 90 g de jus de citron, 55 g d'huile d'olive, le sel, le poivre et le cumin. Pour le vrai goût « taboulé de supermarché mais maison », ajoute aussi 10 à 15 g de concentré de tomate dans ce mélange : ça donne la couleur orangée et le petit goût des taboulés industriels.
Mélange bien et laisse la semoule absorber le liquide pendant 20 à 30 minutes. Pas besoin de la cuire.
Coupe les tomates, le concombre et l'oignon très finement, idéalement en dés de 3 à 5 mm.
Hache finement le persil et la menthe.
Ajoute légumes, herbes et 60 g de raisins secs à la semoule.
Mélange bien, couvre et laisse au frigo minimum 2 heures, idéalement une nuit. Les tomates vont encore rendre de l'eau pendant le repos, donc ne t'inquiète pas si le taboulé semble légèrement sec juste après le mélange.
L'épisode
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