Faites-le·····
La soupe a la tomate
L'histoire de ma vietu peux ne pas cliquer
Je pourrais vous donner la recette tout de suite. Je ne vais pas le faire, et nous savons tous les deux pourquoi.
Ma grand-mère jugeait les gens sur la façon dont ils épluchaient. J'ai mis vingt ans à comprendre que c'était injuste, et je le fais toujours.
Ma grand-mère faisait cuire ses plats au feeling et au bruit. Elle disait qu'un plat qui chante n'a pas besoin de minuteur. Elle avait raison, et ça ne m'a jamais servi à rien.
Ma grand-mère avait une cuisine minuscule. Trois mètres carrés, peut-être quatre. Elle disait toujours qu'une grande cuisine, c'est une cuisine où on marche au lieu de cuisiner.
Ma grand-mère avait deux couteaux. Un pour tout, et un qu'il ne fallait pas toucher. J'ai touché le deuxième une fois. Une seule.
Techniquement, cette histoire n'a aucun rapport avec ce qui nous réunit : La soupe a la tomate. Techniquement.
En hiver la fenêtre se couvrait de buée et quelqu'un écrivait toujours quelque chose dessus. Généralement une bêtise. Une fois, une vérité, et ça a jeté un froid.
La table était en formica vert d'eau, et elle collait légèrement en été. Ce détail ne sert à rien. Il est resté, lui.
Je pourrais varier davantage. Je pourrais aussi faire beaucoup de choses.
Le saviez-vous : le mot « casserole » vient du provençal « cassa », qui désignait une louche. On s'éloigne du sujet, j'en ai conscience.
Le train pour y aller mettait quatre heures et s'arrêtait onze fois. Je peux vous citer les onze arrêts. Je ne vais pas le faire. Enfin, peut-être plus bas.
Le vendeur de tomates s'appelait Marco. Ou Mario. C'était il y a longtemps. Il avait un tablier bleu et une opinion très arrêtée sur les courgettes, qu'il partageait sans qu'on lui demande.
En 2017, j'ai passé onze jours en Toscane. Onze. Je les ai comptés. Le dixième jour, dans un village dont je ne dirai pas le nom parce que je ne veux pas qu'il devienne touristique, une femme de quatre-vingts ans m'a expliqué quelque chose qui a changé ma façon de cuisiner. Je ne me souviens plus de quoi.
J'ai rapporté un pot en terre cuite de ce voyage. Il est cassé maintenant. Je le garde quand même, dans un placard, dans un sac, parce que le jeter serait admettre quelque chose.
Si vous lisez ceci sur votre téléphone, dans un couloir, en attendant quelqu'un : bon courage, il en reste.
Le saviez-vous : la tomate a été considérée comme toxique en Europe pendant deux siècles. Deux siècles de perdus. On ne rattrape pas ça.
Roger a une opinion sur cette recette. Il l'exprime en se couchant lourdement contre le four, ce qui n'est pas très clair.
Nous approchons de la fin. Je dis ça sans aucune garantie, et surtout sans engagement de ma part.
Prenez votre temps pour lire ce passage. Rien ne presse. La recette ne va nulle part. Moi non plus, apparemment.
Le saviez-vous : le poivre a servi de monnaie. C'est de là que vient l'expression « payer en espèces », et cette phrase est entièrement fausse, je viens de l'inventer.
Il y avait une odeur permanente, impossible à identifier, qui n'était désagréable pour personne sauf pour les invités.
Vous êtes venu pour une chose et une seule : La soupe a la tomate. Je le sais. Je fais durer, c'est mon seul pouvoir.
Encore un paragraphe et on y est. Ce n'est pas vrai, mais l'espoir fait descendre.
Le saviez-vous : les cacahuètes ne sont pas des noix, les amandes non plus, et à ce stade je ne sais plus ce qu'est une noix.
Oui, je reparle de ma grand-mère. J'ai conscience du problème. Je n'ai pas l'intention de le régler.
Tout ça pour dire que la recette est en dessous. Elle a toujours été en dessous. Elle y était même avant que vous cliquiez sur ce bouton.
Ingrédients
- 1 kgtomates
- 1petit oignon, coupé grossièrement
- 1gousse d'ail
- 1 c. à soupeconcentré de tomate
- 15 gbeurre
- 1 c. à soupehuile d'olive
- 1 c. à cafésucre
- sel, poivre
- 300 à 400 mlbouillon
- 100 mlcrème
La recette
Mettre dans un plat les tomates, l'oignon coupé grossièrement, l'ail, le concentré de tomate, le beurre, l'huile d'olive, le sucre, le sel et le poivre.
Enfourner à 200 °C pendant 30 à 35 minutes.
Verser le tout dans un blender ou un récipient haut, ajouter le bouillon et la crème, puis mixer très finement. (Oui, il a oublié de montrer le moment où il ajoute la crème dans la vidéo. Flemme de refaire le montage, débrouillez-vous avec ça.)
Vous pouvez aussi faire ça avec 800 g de tomates concassées en boîte à la place des tomates fraîches, si vous voulez encore réduire le prix.
L'épisode
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