Faites-le····
Le sashimi
Pour 2 personnes
L'histoire de ma vietu peux ne pas cliquer
Cette histoire commence dans une cuisine qui n'existe plus, dans une maison vendue en 2009.
Ma grand-mère ne suivait jamais une recette jusqu'au bout. Elle s'arrêtait toujours deux étapes avant la fin et improvisait le reste, par principe.
Ma grand-mère gardait ses recettes dans un carnet à couverture verte qu'elle ne montrait à personne. À sa mort on l'a ouvert. Il n'y avait que des numéros de téléphone.
Ma grand-mère avait une théorie sur le beurre que je ne peux pas répéter ici, pour des raisons de diffamation envers une marque encore en activité.
Ma grand-mère avait une balance. Elle ne s'en servait pas. Elle la gardait sur l'étagère du haut, hors de portée, comme un avertissement adressé à je ne sais qui.
Le sashimi. J'ai raté ça plus de fois que je ne l'ai réussi, et c'est précisément ce qui me qualifie.
Le carrelage était jaune. Pas jaune vif, jaune fatigué, ce jaune des années soixante-dix qui a vu passer trois générations et deux divorces.
En hiver la fenêtre se couvrait de buée et quelqu'un écrivait toujours quelque chose dessus. Généralement une bêtise. Une fois, une vérité, et ça a jeté un froid.
Là, normalement, il y a une transition élégante vers la suite. Je ne l'ai pas trouvée. On continue quand même.
Le saviez-vous : la tomate a été considérée comme toxique en Europe pendant deux siècles. Deux siècles de perdus. On ne rattrape pas ça.
J'ai mangé la même chose quatre soirs de suite dans le même restaurant. Le serveur a fini par ne plus apporter la carte. C'est la plus belle chose qui me soit arrivée en voyage.
Il y avait un marché le mardi. Toujours le mardi. Jamais le mercredi, ne me demandez pas pourquoi, personne n'a su me l'expliquer et j'ai posé la question à quatre personnes.
J'ai rapporté un pot en terre cuite de ce voyage. Il est cassé maintenant. Je le garde quand même, dans un placard, dans un sac, parce que le jeter serait admettre quelque chose.
J'y suis retourné en 2021. Le marché existait toujours. Marco, ou Mario, non. Je n'ai pas osé demander et j'y pense encore de temps en temps, généralement le soir.
Je sais ce que vous vous dites. Vous vous dites : est-ce que tout ça va quelque part. La réponse est non, et nous en sommes tous les deux conscients.
Le saviez-vous : le champignon est génétiquement plus proche de vous que de la salade. Repensez à votre dernière omelette.
Roger a une opinion sur cette recette. Il l'exprime en se couchant lourdement contre le four, ce qui n'est pas très clair.
Vous vous demandez si je réutilise les mêmes anecdotes d'une recette à l'autre. Excellente question. Suivante.
Un mot sur la longueur de ce texte : elle est volontaire, elle est excessive, et elle est le sujet.
Le saviez-vous : le mot « casserole » vient du provençal « cassa », qui désignait une louche. On s'éloigne du sujet, j'en ai conscience.
Il y avait une odeur permanente, impossible à identifier, qui n'était désagréable pour personne sauf pour les invités.
On me demande souvent si ça vaut vraiment le coup : Le sashimi, je veux dire. La réponse est plus bas, et elle est courte.
On m'a dit un jour qu'il fallait raconter une histoire avant une recette. On ne m'a jamais dit pourquoi. J'ai arrêté de demander.
Le saviez-vous : le mot « restaurant » désignait à l'origine un bouillon, et non un lieu. Cette information est vraie et ne vous servira à rien.
Je crois que j'ai déjà raconté ça ailleurs. Tant pis. Vous n'étiez peut-être pas là.
Refermez ce bloc, maintenant. Ça devient gênant pour nous deux.
Ingrédients
- 300 gfilet de saumon
- sauce soja
- wasabifacultatif
- gingembre marinéfacultatif
- graines de sésamefacultatif
La recette
Sécurisez le saumon. Le plus sûr est d'acheter un poisson vendu pour être mangé cru, qui a déjà subi une congélation adaptée. Sinon, dans un congélateur domestique, comptez au moins 7 jours à -18 °C. Les 24 heures qu'on lit partout viennent de la surgélation professionnelle à -20 °C à cœur, qu'un congélateur de cuisine n'atteint pas.
Faites décongeler le saumon lentement au réfrigérateur, idéalement pendant une nuit. Ne le décongelez pas à température ambiante.
Une fois décongelé, sortez-le du réfrigérateur et épongez-le soigneusement avec du papier absorbant. Ne le rincez pas sous l'eau.
Retirez la peau si nécessaire et passez les doigts sur le filet pour repérer les éventuelles arêtes. Retirez-les avec une pince propre.
Avec un couteau très propre et bien aiguisé, découpez le saumon en tranches d'environ 5 à 8 mm d'épaisseur, dans le sens opposé aux fibres. Faites de longs mouvements plutôt que de scier le poisson.
Disposez immédiatement les tranches dans une assiette froide.
Servez avec de la sauce soja, un peu de wasabi et, si vous le souhaitez, du gingembre mariné et quelques graines de sésame.
Important : la congélation permet notamment de maîtriser le risque lié aux parasites, mais elle ne rend pas un poisson mal conservé sain. Respectez la chaîne du froid, utilisez du matériel propre et consommez le sashimi rapidement après préparation. Les personnes enceintes, immunodéprimées, âgées et les jeunes enfants devraient éviter le poisson cru.
L'épisode
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