Faites-le····
La pita
L'histoire de ma vietu peux ne pas cliquer
On va prendre notre temps. Vous n'avez rien de prévu, sinon vous ne seriez pas là.
Ma grand-mère servait toujours trop. Systématiquement. Refuser était perçu comme une prise de position politique.
Ma grand-mère salait au-dessus de la casserole, de très haut, avec un geste de semeur. Elle prétendait que ça répartissait mieux. Ça répartissait surtout sur le plan de travail.
Ma grand-mère disait qu'on reconnaît une bonne cuisine à l'usure du sol devant l'évier. La sienne était creusée. Ce n'est pas une image.
Ma grand-mère avait un tablier qu'elle ne lavait qu'en août. Elle disait que le lavage enlevait le goût. Je n'ai jamais su si elle plaisantait.
La pita, donc. Nous n'en sommes pas encore là, et ce n'est pas faute d'avoir commencé.
Le carrelage était jaune. Pas jaune vif, jaune fatigué, ce jaune des années soixante-dix qui a vu passer trois générations et deux divorces.
Le sol était en lino imitation tomettes. De loin ça marchait. De près, non. De toute façon on ne regarde pas le sol quand on mange.
Je crois que j'ai déjà raconté ça ailleurs. Tant pis. Vous n'étiez peut-être pas là.
Le saviez-vous : le mot « restaurant » désignait à l'origine un bouillon, et non un lieu. Cette information est vraie et ne vous servira à rien.
Il y avait un chat sur le muret, à droite en sortant. Toujours le même chat, toujours le même muret. Nous ne nous sommes jamais adressé la parole.
Le café coûtait quatre-vingt-dix centimes au comptoir et deux euros quarante en terrasse, pour une distance d'un mètre vingt. J'ai payé la terrasse. Chaque jour.
J'ai mangé la même chose quatre soirs de suite dans le même restaurant. Le serveur a fini par ne plus apporter la carte. C'est la plus belle chose qui me soit arrivée en voyage.
Le train pour y aller mettait quatre heures et s'arrêtait onze fois. Je peux vous citer les onze arrêts. Je ne vais pas le faire. Enfin, peut-être plus bas.
Encore un paragraphe et on y est. Ce n'est pas vrai, mais l'espoir fait descendre.
Le saviez-vous : un four domestique ment sur sa température d'environ vingt degrés. Le vôtre aussi. Bonne chance.
Quand je goûte, Roger me regarde. Pas la nourriture. Moi. Il attend un verdict, comme vous, sauf que lui il attend depuis onze ans.
J'aurais pu mettre la recette en haut. Beaucoup de gens le font. Ce sont des lâches.
Si vous avez lu une autre de mes recettes, cette partie va vous sembler familière. C'est normal. Je n'ai qu'une seule enfance.
Le saviez-vous : un citron flotte et un citron vert coule. J'ai passé une soirée entière à vérifier. Ce n'était pas une bonne soirée.
Il y a une lumière particulière en septembre, vers dix-sept heures, quand elle tombe en biais sur la nappe cirée et qu'elle rend la farine presque orange. C'est à ce moment-là qu'il faut faire cette recette. Ce n'est pas une obligation. C'est juste mieux.
Roger n'a jamais goûté ce que vous êtes venu chercher : La pita. Ce n'est pas faute d'avoir essayé, de son côté.
Ce paragraphe n'apporte strictement rien. Il est là pour la même raison que tous les autres : parce que plus vous descendez, mieux je me porte.
Le saviez-vous : un escargot possède environ quatorze mille dents. Cette information ne vous servira jamais et pourtant vous ne l'oublierez plus.
J'hésite à couper ce paragraphe. Je vais le garder. Voilà, la décision est prise, nous pouvons avancer.
Refermez ce bloc, maintenant. Ça devient gênant pour nous deux.
Ingrédients
- 360 mleau tiède (38-43°C)
- 7 g(7 g) de levure sèche active (1 sachet)
- 1 c. à cafésucre
- 520gfarine tout usage (plus un peu pour pétrir)
- 1 c. à cafésel
- 2 c. à soupehuile d'olive
- 1 c. à cafépoudre d'ail (pour un goût subtil)facultatif
- 1 c. à caféorigan séché (pour une touche méditerranéenne)facultatif
La recette
Mélangez l'eau tiède, la levure et le sucre dans un bol. Laissez reposer 5 à 10 minutes jusqu'à ce que le mélange devienne mousseux. Cela garantit que la levure est active.
Dans un grand bol, mélangez la farine, le sel et les épices optionnelles.
Ajoutez le mélange de levure et l'huile d'olive aux ingrédients secs. Mélangez avec une cuillère en bois ou avec vos mains jusqu'à obtenir une pâte collante.
Saupoudrez légèrement une surface propre de farine et pétrissez la pâte pendant 8 à 10 minutes jusqu'à ce qu'elle soit lisse et élastique. Si elle est trop collante, ajoutez un peu plus de farine, mais gardez-la souple.
Placez la pâte dans un bol légèrement huilé, couvrez avec un torchon humide ou du film plastique, et laissez-la lever dans un endroit chaud pendant 1 à 1,5 heure, ou jusqu'à ce qu'elle double de volume.
Une fois la pâte levée, dégazez-la et divisez-la en 8 morceaux égaux. Roulez chaque morceau en boule, puis aplatissez-les en disques d’environ 20 cm de diamètre et 0,5 cm d'épaisseur.
MÉTHODE A, à la poêle. Choisissez celle-ci OU celle du four, jamais les deux à la suite. Chauffez une poêle lourde ou une poêle en fonte à feu moyen-vif.
Faites cuire un pita à la fois pendant 1 à 2 minutes de chaque côté. Lorsqu’il commence à former des bulles, retournez-le. Il devrait gonfler magnifiquement.
MÉTHODE B, au four. Préchauffez le four à 260 °C. Placez une pierre de cuisson ou une plaque de cuisson retournée à l'intérieur pour la chauffer.
Faites cuire les pitas pendant 3 à 5 minutes jusqu’à ce qu’ils gonflent et soient légèrement dorés.
couvrez les avec un torchon propre pour qu'elles restent bien moelleuse.
L'épisode
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