Ça dépend
Le pesto rosso
L'histoire de ma vietu peux ne pas cliquer
Je ne sais pas par où commencer, alors je vais commencer par le début, c'est-à-dire il y a très longtemps.
Ma grand-mère jugeait les gens sur la façon dont ils épluchaient. J'ai mis vingt ans à comprendre que c'était injuste, et je le fais toujours.
Ma grand-mère faisait cuire ses plats au feeling et au bruit. Elle disait qu'un plat qui chante n'a pas besoin de minuteur. Elle avait raison, et ça ne m'a jamais servi à rien.
Ma grand-mère avait une théorie sur le beurre que je ne peux pas répéter ici, pour des raisons de diffamation envers une marque encore en activité.
Ma grand-mère parlait à ses casseroles. Pas beaucoup. Juste ce qu'il faut pour qu'on se demande.
Techniquement, cette histoire n'a aucun rapport avec ce qui nous réunit : Le pesto rosso. Techniquement.
Le robinet gouttait. Un goutte-à-goutte lent, presque musical, qui reprenait exactement quand on croyait qu'il s'était arrêté.
La radio était allumée en permanence sur une station qui ne passait que des informations régionales. Personne n'écoutait. L'éteindre aurait été impensable.
Vous vous demandez si je réutilise les mêmes anecdotes d'une recette à l'autre. Excellente question. Suivante.
Le saviez-vous : les carottes ne rendent pas aimable. C'est une invention de parents, et elle a très bien fonctionné sur moi jusqu'à vingt-trois ans.
J'y suis retourné en 2021. Le marché existait toujours. Marco, ou Mario, non. Je n'ai pas osé demander et j'y pense encore de temps en temps, généralement le soir.
On m'a servi un plat dont je n'ai jamais retrouvé le nom. J'ai cherché pendant deux ans. J'ai fini par accepter que je l'avais peut-être rêvé.
Au retour, j'ai essayé de refaire ce que j'avais mangé là-bas. Ce n'était pas pareil. Ce n'est jamais pareil, et on continue quand même.
En 2017, j'ai passé onze jours en Toscane. Onze. Je les ai comptés. Le dixième jour, dans un village dont je ne dirai pas le nom parce que je ne veux pas qu'il devienne touristique, une femme de quatre-vingts ans m'a expliqué quelque chose qui a changé ma façon de cuisiner. Je ne me souviens plus de quoi.
À ce stade, la plupart des gens ont abandonné. Si vous êtes encore là, vous êtes soit très patient, soit en train de faire autre chose en même temps. Les deux me vont.
Le saviez-vous : il existe plus de sept mille variétés de pommes, et les supermarchés en vendent six. Voilà. C'est tout ce que j'ai sur les pommes.
Roger a mangé un jour un oignon entier. Il va bien. Le vétérinaire m'a regardé comme si c'était ma faute, ce qui était le cas.
Il est possible que ce paragraphe existe déjà sur une autre page de ce site. Je ne vérifie pas. Personne ne vérifie.
Je crois que j'ai déjà raconté ça ailleurs. Tant pis. Vous n'étiez peut-être pas là.
Le saviez-vous : un escargot possède environ quatorze mille dents. Cette information ne vous servira jamais et pourtant vous ne l'oublierez plus.
Il faisait chaud. Pas une chaleur d'été, une chaleur de cuisine, celle qui monte du sol et qui vous colle la chemise dans le dos vers la troisième étape.
Roger n'a jamais goûté ce que vous êtes venu chercher : Le pesto rosso. Ce n'est pas faute d'avoir essayé, de son côté.
On m'a dit un jour qu'il fallait raconter une histoire avant une recette. On ne m'a jamais dit pourquoi. J'ai arrêté de demander.
Le saviez-vous : la vanille est la deuxième épice la plus chère au monde. La première est le safran. La troisième, je ne sais pas, et cela me hante.
Certains blogs mettent une photo tous les deux paragraphes. Je n'ai pas de photo. Imaginez-en une. Prenez le temps qu'il faut.
Bref. Ma grand-mère. Je vous en reparlerai peut-être plus bas, si le cœur m'en dit.
Ingrédients
- 100 gtomates séchées (à l’huile, égouttées)
- 30 gparmesan râpé
- 20 gpignons de pin (ou d’amandes pour une vibe sicilienne)
- 1 gousseail
- 10 à 15 feuillesbasilic frais (optionnel mais ça envoie de la fraîcheur)facultatif
- 50 mlhuile d’olive (à ajuster selon la texture)
- au goûtSel et poivre
- 1petite tomate (fraîche ou rôtie), pour adoucir un peufacultatif
- Quelquesflocons de piment, pour relever le toutfacultatif
- 100 mleau ou 100 ml d’huile en plus (si vous êtes Crésus)facultatif
La recette
Faites griller les pignons de pin à sec dans une poêle jusqu’à ce qu’ils soient dorés (1 à 2 min). Laissez refroidir.
Balancez tous les ingrédients dans un mixeur ou un robot : tomates séchées, ail, parmesan, pignons, basilic.
Versez la moitié de l’huile d’olive et mixez grossièrement.
Ajoutez le reste de l’huile petit à petit jusqu’à obtenir une texture bien lisse et tartinable.
Goûtez et ajustez le sel et le poivre. Et voilà, c’est prêt.
L'épisode
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