Le pesto

Alors ?

Choisis un côté. Les deux sont possibles.

Faites-le···

Le pesto

L'histoire de ma vietu peux ne pas cliquer

Cette histoire commence dans une cuisine qui n'existe plus, dans une maison vendue en 2009.

Ma grand-mère salait au-dessus de la casserole, de très haut, avec un geste de semeur. Elle prétendait que ça répartissait mieux. Ça répartissait surtout sur le plan de travail.

Ma grand-mère refusait catégoriquement de goûter pendant la cuisson. Elle disait que ça portait malheur. Elle a servi des plats immangeables pendant quarante ans avec une constance admirable.

Ma grand-mère ne mesurait rien. Jamais. Elle regardait le saladier et elle savait. Quand je lui demandais combien, elle répondait « ce qu'il faut », ce qui n'a jamais aidé personne.

Ma grand-mère gardait ses recettes dans un carnet à couverture verte qu'elle ne montrait à personne. À sa mort on l'a ouvert. Il n'y avait que des numéros de téléphone.

Le pesto. J'ai raté ça plus de fois que je ne l'ai réussi, et c'est précisément ce qui me qualifie.

Il y avait une odeur permanente, impossible à identifier, qui n'était désagréable pour personne sauf pour les invités.

Il faisait chaud. Pas une chaleur d'été, une chaleur de cuisine, celle qui monte du sol et qui vous colle la chemise dans le dos vers la troisième étape.

Si vous lisez ceci sur votre téléphone, dans un couloir, en attendant quelqu'un : bon courage, il en reste.

Le saviez-vous : la carotte a été orange pour des raisons politiques avant de l'être pour des raisons de goût. J'ai vérifié une fois, il y a six ans, et je n'ai pas revérifié depuis.

Il faisait trente-quatre degrés. Tout le monde cuisinait quand même, à midi, portes fermées. J'ai compris ce jour-là que je n'étais pas sérieux.

La femme de quatre-vingts ans, celle du dixième jour, m'a aussi dit quelque chose sur le sel. Ça non plus je ne m'en souviens pas. C'était peut-être la même phrase.

La chambre donnait sur une cour intérieure où une dame étendait du linge à sept heures du matin, tous les jours, y compris le dimanche, y compris quand il pleuvait.

Il y avait un marché le mardi. Toujours le mardi. Jamais le mercredi, ne me demandez pas pourquoi, personne n'a su me l'expliquer et j'ai posé la question à quatre personnes.

On m'a dit un jour qu'il fallait raconter une histoire avant une recette. On ne m'a jamais dit pourquoi. J'ai arrêté de demander.

Le saviez-vous : la noix de muscade est légèrement hallucinogène à forte dose. Ce n'est pas une invitation, c'est une note de bas de page.

J'ai failli appeler Roger autrement. Je ne dirai pas comment. Il a échappé à quelque chose et il l'ignore.

Oui, je reparle de ma grand-mère. J'ai conscience du problème. Je n'ai pas l'intention de le régler.

Prenez votre temps pour lire ce passage. Rien ne presse. La recette ne va nulle part. Moi non plus, apparemment.

Le saviez-vous : le mot « casserole » vient du provençal « cassa », qui désignait une louche. On s'éloigne du sujet, j'en ai conscience.

Il y a une lumière particulière en septembre, vers dix-sept heures, quand elle tombe en biais sur la nappe cirée et qu'elle rend la farine presque orange. C'est à ce moment-là qu'il faut faire cette recette. Ce n'est pas une obligation. C'est juste mieux.

Roger n'a jamais goûté ce que vous êtes venu chercher : Le pesto. Ce n'est pas faute d'avoir essayé, de son côté.

Je crois que j'ai déjà raconté ça ailleurs. Tant pis. Vous n'étiez peut-être pas là.

Le saviez-vous : le mot « mayonnaise » a au moins quatre origines revendiquées, toutes défendues avec une agressivité disproportionnée.

J'ai un stock limité d'histoires et un nombre important de recettes. Faites le calcul, ou plutôt ne le faites pas.

Refermez ce bloc, maintenant. Ça devient gênant pour nous deux.

Ingrédients

  • 40 gfeuilles de basilic frais, tassées
  • 30 gParmesan fraîchement râpé
  • 80 mlhuile d'olive extra vierge
  • 25 gpignons de pin (vous pouvez également utiliser des noix ou des amandes)
  • 1 à 2 goussesail, pelées
  • selon le goûtSel et poivre

La recette

  1. Faire griller les pignons de pin : Dans une poêle à sec à feu moyen, faites griller les pignons de pin jusqu'à ce qu'ils soient légèrement dorés. Remuez fréquemment pour éviter de les brûler. Retirez du feu et laissez-les refroidir.

  2. Rincez les feuilles de basilic sous l'eau froide et tamponnez-les avec du papier absorbant pour les sécher.

  3. Combinez les ingrédients : Dans un robot culinaire, combinez le basilic, les pignons de pin grillés et les gousses d'ail. Mixez jusqu'à ce que le mélange soit grossièrement haché.

  4. Ajoutez le Parmesan râpé au robot culinaire. Mixez à nouveau jusqu'à ce que le mélange soit bien homogène.

  5. Arroser d'huile d'olive : Assaisonnez le pesto avec du sel et du poivre selon votre goût. Mixez à nouveau pour incorporer l'assaisonnement. Goûtez et ajustez le sel et le poivre au besoin.

  6. Si vous n'utilisez pas le pesto immédiatement, transférez-le dans un récipient hermétique. Couvrez la surface d'une fine couche d'huile d'olive pour aider à préserver sa fraîcheur. Conservez-le au réfrigérateur.

  7. Utilisez le pesto comme sauce pour les pâtes, étalez-le sur des sandwichs, mélangez-le dans des salades ou utilisez-le comme garniture pour des viandes ou des légumes grillés.

L'épisode

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