Les pâtes

Alors ?

Choisis un côté. Les deux sont possibles.

Achetez-le·····

Les pâtes

L'histoire de ma vietu peux ne pas cliquer

Je ne sais pas par où commencer, alors je vais commencer par le début, c'est-à-dire il y a très longtemps.

Ma grand-mère appelait le four « la bête ». Elle ne l'a jamais expliqué et nous n'avons jamais demandé, parce qu'à un certain âge on choisit ses combats.

Ma grand-mère ne mesurait rien. Jamais. Elle regardait le saladier et elle savait. Quand je lui demandais combien, elle répondait « ce qu'il faut », ce qui n'a jamais aidé personne.

Ma grand-mère avait une théorie sur le beurre que je ne peux pas répéter ici, pour des raisons de diffamation envers une marque encore en activité.

Ma grand-mère avait deux couteaux. Un pour tout, et un qu'il ne fallait pas toucher. J'ai touché le deuxième une fois. Une seule.

Roger n'a jamais goûté ce que vous êtes venu chercher : Les pâtes. Ce n'est pas faute d'avoir essayé, de son côté.

En hiver la fenêtre se couvrait de buée et quelqu'un écrivait toujours quelque chose dessus. Généralement une bêtise. Une fois, une vérité, et ça a jeté un froid.

Il y avait une horloge murale qui avançait de sept minutes. Personne ne l'a jamais réglée. Toute la famille calculait, en silence, depuis 1988.

Encore un paragraphe et on y est. Ce n'est pas vrai, mais l'espoir fait descendre.

Le saviez-vous : la carotte a été orange pour des raisons politiques avant de l'être pour des raisons de goût. J'ai vérifié une fois, il y a six ans, et je n'ai pas revérifié depuis.

Le village avait une place, une église et un bar. Le bar fermait à des horaires que personne ne connaissait, y compris le patron, que j'ai interrogé.

Le train pour y aller mettait quatre heures et s'arrêtait onze fois. Je peux vous citer les onze arrêts. Je ne vais pas le faire. Enfin, peut-être plus bas.

Le vendeur de tomates s'appelait Marco. Ou Mario. C'était il y a longtemps. Il avait un tablier bleu et une opinion très arrêtée sur les courgettes, qu'il partageait sans qu'on lui demande.

J'y suis retourné en 2021. Le marché existait toujours. Marco, ou Mario, non. Je n'ai pas osé demander et j'y pense encore de temps en temps, généralement le soir.

Je crois que j'ai déjà raconté ça ailleurs. Tant pis. Vous n'étiez peut-être pas là.

Le saviez-vous : les cacahuètes ne sont pas des noix, les amandes non plus, et à ce stade je ne sais plus ce qu'est une noix.

Roger s'assoit systématiquement à l'endroit exact où je dois aller. Il le sait avant moi. Je n'ai pas d'explication rationnelle.

Je sais ce que vous vous dites. Vous vous dites : est-ce que tout ça va quelque part. La réponse est non, et nous en sommes tous les deux conscients.

Si vous avez lu une autre de mes recettes, cette partie va vous sembler familière. C'est normal. Je n'ai qu'une seule enfance.

Le saviez-vous : le mot « restaurant » désignait à l'origine un bouillon, et non un lieu. Cette information est vraie et ne vous servira à rien.

Il faisait chaud. Pas une chaleur d'été, une chaleur de cuisine, celle qui monte du sol et qui vous colle la chemise dans le dos vers la troisième étape.

Les pâtes, donc. Nous n'en sommes pas encore là, et ce n'est pas faute d'avoir commencé.

J'aurais pu mettre la recette en haut. Beaucoup de gens le font. Ce sont des lâches.

Le saviez-vous : la banane est techniquement une baie, alors que la fraise n'en est pas une. J'ai déjà mentionné la fraise plus haut. Je me répète, c'est le principe.

Prenez votre temps pour lire ce passage. Rien ne presse. La recette ne va nulle part. Moi non plus, apparemment.

Je m'arrête. Pas parce que je n'ai plus rien, mais parce qu'il faut bien manger un jour.

Ingrédients

  • 100 gfarine, par personne
  • 1œuf, par personne
  • 1 pincéesel, par personne

La recette

  1. Pour 2 personnes, comptez 200 g de farine, 2 œufs et 2 pincées de sel.

  2. Versez la farine sur un plan de travail propre ou dans un grand saladier et formez un puits au centre.

  3. Cassez les œufs dans le puits et ajoutez une pincée de sel.

  4. Battez légèrement les œufs à la fourchette puis incorporez progressivement la farine située sur les bords.

  5. Lorsque la pâte commence à se former, travaillez-la avec les mains.

  6. Pétrissez pendant environ 8 à 10 minutes, jusqu'à obtenir une pâte lisse, ferme et élastique. Si elle est vraiment trop sèche, ajoutez quelques gouttes d'eau. Si elle colle beaucoup, ajoutez un tout petit peu de farine.

  7. Formez une boule, enveloppez-la dans du film alimentaire ou couvrez-la, puis laissez-la reposer 30 minutes à température ambiante.

  8. Divisez la pâte en plusieurs morceaux et aplatissez-les légèrement.

  9. Passez chaque morceau dans une machine à pâtes, en commençant par le réglage le plus épais et en réduisant progressivement l'épaisseur. Sans machine, étalez la pâte très finement avec un rouleau à pâtisserie.

  10. Découpez la pâte selon la forme souhaitée : tagliatelles, fettuccine, lasagnes, raviolis, etc.

  11. Farinez légèrement les pâtes pour éviter qu'elles ne collent entre elles.

  12. Portez une grande casserole d'eau salée à ébullition et plongez-y les pâtes fraîches.

  13. Faites cuire environ 2 à 4 minutes, selon leur épaisseur. Goûtez-les rapidement : les pâtes fraîches cuisent beaucoup plus vite que les pâtes sèches.

  14. Égouttez-les et mélangez-les immédiatement avec votre sauce.

L'épisode

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