Faites-le·····
La panna cotta
L'histoire de ma vietu peux ne pas cliquer
Avant de commencer, il faut que je vous raconte quelque chose. C'est important. Enfin, ce n'est pas important, mais j'y tiens.
Ma grand-mère avait une théorie sur le beurre que je ne peux pas répéter ici, pour des raisons de diffamation envers une marque encore en activité.
Ma grand-mère refusait catégoriquement de goûter pendant la cuisson. Elle disait que ça portait malheur. Elle a servi des plats immangeables pendant quarante ans avec une constance admirable.
Ma grand-mère détestait les livres de cuisine. Elle en avait onze. Ils étaient rangés par couleur, ce qui devrait vous dire à quel point elle les ouvrait.
Ma grand-mère parlait à ses casseroles. Pas beaucoup. Juste ce qu'il faut pour qu'on se demande.
Vous êtes venu pour une chose et une seule : La panna cotta. Je le sais. Je fais durer, c'est mon seul pouvoir.
En hiver la fenêtre se couvrait de buée et quelqu'un écrivait toujours quelque chose dessus. Généralement une bêtise. Une fois, une vérité, et ça a jeté un froid.
Le carrelage était jaune. Pas jaune vif, jaune fatigué, ce jaune des années soixante-dix qui a vu passer trois générations et deux divorces.
Je pourrais varier davantage. Je pourrais aussi faire beaucoup de choses.
Le saviez-vous : le mot « casserole » vient du provençal « cassa », qui désignait une louche. On s'éloigne du sujet, j'en ai conscience.
Le café coûtait quatre-vingt-dix centimes au comptoir et deux euros quarante en terrasse, pour une distance d'un mètre vingt. J'ai payé la terrasse. Chaque jour.
Il faisait trente-quatre degrés. Tout le monde cuisinait quand même, à midi, portes fermées. J'ai compris ce jour-là que je n'étais pas sérieux.
La chambre donnait sur une cour intérieure où une dame étendait du linge à sept heures du matin, tous les jours, y compris le dimanche, y compris quand il pleuvait.
Le train pour y aller mettait quatre heures et s'arrêtait onze fois. Je peux vous citer les onze arrêts. Je ne vais pas le faire. Enfin, peut-être plus bas.
Un mot sur la longueur de ce texte : elle est volontaire, elle est excessive, et elle est le sujet.
Le saviez-vous : le mot « mayonnaise » a au moins quatre origines revendiquées, toutes défendues avec une agressivité disproportionnée.
Roger a mangé un jour un oignon entier. Il va bien. Le vétérinaire m'a regardé comme si c'était ma faute, ce qui était le cas.
Si vous lisez ceci sur votre téléphone, dans un couloir, en attendant quelqu'un : bon courage, il en reste.
Nous approchons de la fin. Je dis ça sans aucune garantie, et surtout sans engagement de ma part.
Le saviez-vous : la tomate a été considérée comme toxique en Europe pendant deux siècles. Deux siècles de perdus. On ne rattrape pas ça.
La lumière de fin d'après-midi entrait par la fenêtre de gauche, celle qui fermait mal, et elle traversait la vapeur au-dessus de la casserole. Je pourrais vous décrire ça pendant des heures. Je vais le faire.
La panna cotta, donc. Nous n'en sommes pas encore là, et ce n'est pas faute d'avoir commencé.
Je crois que j'ai déjà raconté ça ailleurs. Tant pis. Vous n'étiez peut-être pas là.
Le saviez-vous : le poivre a servi de monnaie. C'est de là que vient l'expression « payer en espèces », et cette phrase est entièrement fausse, je viens de l'inventer.
Encore un paragraphe et on y est. Ce n'est pas vrai, mais l'espoir fait descendre.
Refermez ce bloc, maintenant. Ça devient gênant pour nous deux.
Ingrédients
- 250 mlCrème entière
- 125 mlLait entier
- 50 gSucre en poudre
- 1 c. à caféGousse de vanille
- 7 gGélatine en poudre
- 25 mlEau froide
La recette
Dans un petit bol, saupoudrez la gélatine sur 25 ml d’eau froide.
Laissez reposer 5 à 10 minutes jusqu’à ce qu’elle devienne spongieuse.
Si vous utilisez des feuilles de gelatin, juste trempez les dans de l'eau(plus que 25ml genre 100ml jsp moi peu importe)
Dans une casserole, mélangez 250 ml de crème entière, 125 ml de lait entier et 50 g de sucre. Fendez la gousse de vanille, grattez les graines, et ajoutez les graines et la gousse dans la casserole.
Chauffez à feu doux, en remuant de temps en temps, jusqu’à ce que le sucre soit dissous et que le mélange soit chaud (ne faites pas bouillir, juste des petites bulles sur les bords).
Retirez la casserole du feu.
Ajoutez la gélatine gonflée au mélange chaud. Remuez bien jusqu’à dissolution complète.
Retirez la gousse de vanille.
Pour une texture ultra-lisse, passez le mélange au tamis fin, perso j'ai pas fait je m'en fou
Versez la panna cotta dans des ramequins, des verres ou des moules.
Laissez refroidir à température ambiante pendant 20 à 30 minutes, puis réfrigérez au moins 4 heures, idéalement toute la nuit.
Pour démouler, plongez brièvement les ramequins dans de l’eau tiède et passez un couteau fin sur les bords.
Servez avec des fruits frais, un coulis, du caramel ou des noix ou du chocolat enfin tout ça quoi.
L'épisode
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