Faites-le···
Les onigiris
L'histoire de ma vietu peux ne pas cliquer
Il y a des plats qu'on cuisine, et il y a des plats qui vous cuisinent. Celui-ci appartient à la deuxième catégorie.
Ma grand-mère jugeait les gens sur la façon dont ils épluchaient. J'ai mis vingt ans à comprendre que c'était injuste, et je le fais toujours.
Ma grand-mère disait qu'on reconnaît une bonne cuisine à l'usure du sol devant l'évier. La sienne était creusée. Ce n'est pas une image.
Ma grand-mère parlait à ses casseroles. Pas beaucoup. Juste ce qu'il faut pour qu'on se demande.
Ma grand-mère ne mesurait rien. Jamais. Elle regardait le saladier et elle savait. Quand je lui demandais combien, elle répondait « ce qu'il faut », ce qui n'a jamais aidé personne.
Techniquement, cette histoire n'a aucun rapport avec ce qui nous réunit : Les onigiris. Techniquement.
Le robinet gouttait. Un goutte-à-goutte lent, presque musical, qui reprenait exactement quand on croyait qu'il s'était arrêté.
En hiver la fenêtre se couvrait de buée et quelqu'un écrivait toujours quelque chose dessus. Généralement une bêtise. Une fois, une vérité, et ça a jeté un froid.
Il est possible que ce paragraphe existe déjà sur une autre page de ce site. Je ne vérifie pas. Personne ne vérifie.
Le saviez-vous : le pain a été salé en France pour des raisons fiscales, puis dessalé pour les mêmes raisons. L'histoire de la cuisine est surtout une histoire d'impôts.
On m'a servi un plat dont je n'ai jamais retrouvé le nom. J'ai cherché pendant deux ans. J'ai fini par accepter que je l'avais peut-être rêvé.
La femme de quatre-vingts ans, celle du dixième jour, m'a aussi dit quelque chose sur le sel. Ça non plus je ne m'en souviens pas. C'était peut-être la même phrase.
Le vendeur de tomates s'appelait Marco. Ou Mario. C'était il y a longtemps. Il avait un tablier bleu et une opinion très arrêtée sur les courgettes, qu'il partageait sans qu'on lui demande.
Le village avait une place, une église et un bar. Le bar fermait à des horaires que personne ne connaissait, y compris le patron, que j'ai interrogé.
Un mot sur la longueur de ce texte : elle est volontaire, elle est excessive, et elle est le sujet.
Le saviez-vous : la noix de muscade est légèrement hallucinogène à forte dose. Ce n'est pas une invitation, c'est une note de bas de page.
Quand je goûte, Roger me regarde. Pas la nourriture. Moi. Il attend un verdict, comme vous, sauf que lui il attend depuis onze ans.
Ce paragraphe n'apporte strictement rien. Il est là pour la même raison que tous les autres : parce que plus vous descendez, mieux je me porte.
Ce passage a été écrit une fois et sert depuis. Comme une bonne sauce mère. Voilà, j'ai réussi à en faire une métaphore de cuisine.
Le saviez-vous : le miel ne périme pas. On en a retrouvé dans des tombes égyptiennes, encore comestible. Personne n'a précisé s'il était bon.
Il y avait une horloge murale qui avançait de sept minutes. Personne ne l'a jamais réglée. Toute la famille calculait, en silence, depuis 1988.
Les onigiris. La première fois, c'était un dimanche. Je crois. Disons un dimanche, ça arrange le récit.
J'ai un stock limité d'histoires et un nombre important de recettes. Faites le calcul, ou plutôt ne le faites pas.
Le saviez-vous : les cacahuètes ne sont pas des noix, les amandes non plus, et à ce stade je ne sais plus ce qu'est une noix.
Si vous avez lu une autre de mes recettes, cette partie va vous sembler familière. C'est normal. Je n'ai qu'une seule enfance.
Merci d'avoir lu. Sincèrement. Vous êtes très peu.
Ingrédients
- 300 griz à sushi
- 400 mleau
- 30 mlvinaigre de riz
- 12 gsucre
- 3 gsel
- 200 gsaumon frais
- 1 c. à soupesauce soja
- 1 c. à soupemirin
- 1 c. à soupesaké
- 1 c. à cafésucre
- 1 c. à caféhuile végétale
- 2 feuillesnori, coupées en 6 bandes
La recette
Rincez le riz jusqu'à ce que l'eau soit claire, égouttez. Faites cuire avec 400 ml d'eau dans un cuiseur à riz ou une casserole (15 min). Laissez reposer 10 min hors du feu.
Mélangez le vinaigre, le sucre et le sel. Ajoutez au riz et laissez refroidir.
Utilisez un cuiseur à riz pour plus de facilité.
Mélangez la sauce soja, le mirin, le saké et le sucre.
Faites chauffer l'huile dans une poêle, cuisez le saumon 5 min côté peau, puis 2-3 min côté chair avec la sauce jusqu'à ce qu'elle épaississe. Émiettez le saumon.
Mouillez-vous les mains et salez-les légèrement, prenez 80 à 100 g de riz, déposez 25 g de saumon émietté au centre, refermez le riz autour et façonnez en triangle.
Enveloppez une bande de nori autour de la base de chaque onigiri.
Servez immédiatement, ou enveloppez chaque onigiri dans du film plastique et conservez-les dans un contenant hermétique au réfrigérateur pendant 2 à 3 jours.(assurez vous de ne pas mettre l'algue au frigo et de l'enrober de l'algue que juste avant de consomer)
L'épisode
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