Le nougat

Alors ?

Choisis un côté. Les deux sont possibles.

Achetez-le····

Le nougat

L'histoire de ma vietu peux ne pas cliquer

Cette histoire commence dans une cuisine qui n'existe plus, dans une maison vendue en 2009.

Ma grand-mère appelait le four « la bête ». Elle ne l'a jamais expliqué et nous n'avons jamais demandé, parce qu'à un certain âge on choisit ses combats.

Ma grand-mère disait qu'on reconnaît une bonne cuisine à l'usure du sol devant l'évier. La sienne était creusée. Ce n'est pas une image.

Ma grand-mère laissait la porte du four ouverte après cuisson, l'hiver, pour chauffer la pièce. Je sais que c'est déconseillé. Elle le savait aussi.

Ma grand-mère avait une balance. Elle ne s'en servait pas. Elle la gardait sur l'étagère du haut, hors de portée, comme un avertissement adressé à je ne sais qui.

Techniquement, cette histoire n'a aucun rapport avec ce qui nous réunit : Le nougat. Techniquement.

En hiver la fenêtre se couvrait de buée et quelqu'un écrivait toujours quelque chose dessus. Généralement une bêtise. Une fois, une vérité, et ça a jeté un froid.

Il y avait une odeur permanente, impossible à identifier, qui n'était désagréable pour personne sauf pour les invités.

Ce paragraphe n'apporte strictement rien. Il est là pour la même raison que tous les autres : parce que plus vous descendez, mieux je me porte.

Le saviez-vous : la tomate a été considérée comme toxique en Europe pendant deux siècles. Deux siècles de perdus. On ne rattrape pas ça.

J'y suis retourné en 2021. Le marché existait toujours. Marco, ou Mario, non. Je n'ai pas osé demander et j'y pense encore de temps en temps, généralement le soir.

J'ai pris des photos. Deux cent quarante. Je ne les ai jamais rouvertes, et pourtant je paie un abonnement mensuel pour les conserver.

La chambre donnait sur une cour intérieure où une dame étendait du linge à sept heures du matin, tous les jours, y compris le dimanche, y compris quand il pleuvait.

En 2017, j'ai passé onze jours en Toscane. Onze. Je les ai comptés. Le dixième jour, dans un village dont je ne dirai pas le nom parce que je ne veux pas qu'il devienne touristique, une femme de quatre-vingts ans m'a expliqué quelque chose qui a changé ma façon de cuisiner. Je ne me souviens plus de quoi.

Nous approchons de la fin. Je dis ça sans aucune garantie, et surtout sans engagement de ma part.

Le saviez-vous : le pain a été salé en France pour des raisons fiscales, puis dessalé pour les mêmes raisons. L'histoire de la cuisine est surtout une histoire d'impôts.

Quand je goûte, Roger me regarde. Pas la nourriture. Moi. Il attend un verdict, comme vous, sauf que lui il attend depuis onze ans.

À ce stade, la plupart des gens ont abandonné. Si vous êtes encore là, vous êtes soit très patient, soit en train de faire autre chose en même temps. Les deux me vont.

Statistiquement, vous avez sauté trois paragraphes. Je ne vous en veux pas. Je note, c'est tout.

Le saviez-vous : les carottes ne rendent pas aimable. C'est une invention de parents, et elle a très bien fonctionné sur moi jusqu'à vingt-trois ans.

Le frigo faisait un bruit de moteur de bateau. Il a tenu vingt-deux ans. Le remplacer a été vécu comme un deuil.

Le nougat. Nous y reviendrons. Enfin, j'y reviendrai, vous, vous êtes déjà en train de faire défiler.

J'ai un stock limité d'histoires et un nombre important de recettes. Faites le calcul, ou plutôt ne le faites pas.

Le saviez-vous : l'ananas met deux ans à pousser. Deux ans, pour finir coupé en huit sur un plateau, à côté d'un cure-dent.

Je sais ce que vous vous dites. Vous vous dites : est-ce que tout ça va quelque part. La réponse est non, et nous en sommes tous les deux conscients.

Refermez ce bloc, maintenant. Ça devient gênant pour nous deux.

Ingrédients

  • 150 gSucre en poudre
  • 65 gSirop de glucose
  • 40 mlEau
  • 150 gMiel
  • 1-2Blancs d’œufs
  • 1 c. à soupeSucre glace
  • 100 gAmandes
  • 50 gPistachesfacultatif
  • 1 c. à caféVanille
  • zeste de citron ou orange pour les vibes méditerranéennes.facultatif
  • Feuille de pain azyme (si t’es dans l’authenticité totale).facultatif

La recette

  1. On grille tout ça au four à 150°C (8-10 min). Ça fait vraiment ressortir les gouts, sachez qu'on le fait tt le temps en pâtisserie

  2. Tu prépares ton moule avec des feuilles d’azyme ou du papier sulfurisé.

  3. Fouette les blancs d’œufs jusqu’à obtenir des pics mous, puis ajoute le sucre glace. Continue jusqu’à ce que ça tienne bien. Des que les blancs commencent a tenir, reduis le batteur sur vitesse lente.

  4. Dans une casserole chauffe le miel à 120°C.

  5. Dans une autre casserole, mélange sucre, glucose et eau. Chauffe doucement jusqu’à dissolution, puis monte à 145°C (thermometre obligatoire, on rigole pas ici).

  6. Pendant que le batteur tourne, verse le sirop de miel en filet dans les blancs. Ensuite, ajoute le sirop de sucre, toujours doucement. Bats à vitesse max jusqu’à épaississement et refroidissement léger (5-8 min). Ajoute la vanille et les zestes.

  7. Vite, ajoute les fruits secs avant que ça ne devienne du béton. Mélange bien avec une spatule.

  8. Étale la préparation dans ton moule, lisse la surface, ajoute une autre feuille d’azyme si t’es fancy.

  9. Laisse reposer 4-6 heures minimum. Coupe en carrés ou rectangles, admire ton œuvre, et essaie de pas tout bouffer direct.

L'épisode

Ouvrir sur YouTubeEt si tu t'abonnes, je continue à acheter des trucs pour te dire de ne pas les acheter.