Achetez-le·
Les mochis glaces
L'histoire de ma vietu peux ne pas cliquer
Cette recette, je ne peux pas vous la donner comme ça. Il faut d'abord que vous compreniez d'où elle vient.
Ma grand-mère disait qu'on reconnaît une bonne cuisine à l'usure du sol devant l'évier. La sienne était creusée. Ce n'est pas une image.
Ma grand-mère avait deux couteaux. Un pour tout, et un qu'il ne fallait pas toucher. J'ai touché le deuxième une fois. Une seule.
Ma grand-mère servait toujours trop. Systématiquement. Refuser était perçu comme une prise de position politique.
Ma grand-mère ne suivait jamais une recette jusqu'au bout. Elle s'arrêtait toujours deux étapes avant la fin et improvisait le reste, par principe.
Les mochis glaces. Nous y reviendrons. Enfin, j'y reviendrai, vous, vous êtes déjà en train de faire défiler.
Le robinet gouttait. Un goutte-à-goutte lent, presque musical, qui reprenait exactement quand on croyait qu'il s'était arrêté.
En hiver la fenêtre se couvrait de buée et quelqu'un écrivait toujours quelque chose dessus. Généralement une bêtise. Une fois, une vérité, et ça a jeté un froid.
Vous vous demandez si je réutilise les mêmes anecdotes d'une recette à l'autre. Excellente question. Suivante.
Le saviez-vous : le champignon est génétiquement plus proche de vous que de la salade. Repensez à votre dernière omelette.
J'ai rapporté un pot en terre cuite de ce voyage. Il est cassé maintenant. Je le garde quand même, dans un placard, dans un sac, parce que le jeter serait admettre quelque chose.
La chambre donnait sur une cour intérieure où une dame étendait du linge à sept heures du matin, tous les jours, y compris le dimanche, y compris quand il pleuvait.
Au retour, j'ai essayé de refaire ce que j'avais mangé là-bas. Ce n'était pas pareil. Ce n'est jamais pareil, et on continue quand même.
Le vendeur de tomates s'appelait Marco. Ou Mario. C'était il y a longtemps. Il avait un tablier bleu et une opinion très arrêtée sur les courgettes, qu'il partageait sans qu'on lui demande.
Il paraît que ce genre de texte aide le référencement. Je ne sais pas si c'est vrai. J'ai décidé que oui, parce que ça m'arrange.
Le saviez-vous : le mot « casserole » vient du provençal « cassa », qui désignait une louche. On s'éloigne du sujet, j'en ai conscience.
J'ai failli appeler Roger autrement. Je ne dirai pas comment. Il a échappé à quelque chose et il l'ignore.
J'ai un stock limité d'histoires et un nombre important de recettes. Faites le calcul, ou plutôt ne le faites pas.
Ce paragraphe n'apporte strictement rien. Il est là pour la même raison que tous les autres : parce que plus vous descendez, mieux je me porte.
Le saviez-vous : la vanille est la deuxième épice la plus chère au monde. La première est le safran. La troisième, je ne sais pas, et cela me hante.
Il y avait une horloge murale qui avançait de sept minutes. Personne ne l'a jamais réglée. Toute la famille calculait, en silence, depuis 1988.
Les mochis glaces, donc. Nous n'en sommes pas encore là, et ce n'est pas faute d'avoir commencé.
Ce passage a été écrit une fois et sert depuis. Comme une bonne sauce mère. Voilà, j'ai réussi à en faire une métaphore de cuisine.
Le saviez-vous : il n'existe aucune définition légale du mot « artisanal » sur un emballage. Dormez bien.
Là, normalement, il y a une transition élégante vers la suite. Je ne l'ai pas trouvée. On continue quand même.
Fin de l'histoire. Elle n'avait pas de fin prévue, j'ai simplement décidé que c'était maintenant.
Ingrédients
- 100gfarine de riz gluante (glutinous rice flour)
- 30gfarine de maïs
- 20gsucre
- 170glait
- 500 mlglace, le parfum que vous voulez
La recette
Mélangez simplement tous les ingrédients, passez-les au tamis, et cuisez le mélange à la vapeur dans un bol pendant 25 minutes. Ajoutez une noisette de beurre (environ 10g) et du colorant si nécessaire. Travaillez la pâte comme une pâte à pain, en l'étirant sans la casser. Tapez-la plusieurs fois si nécessaire, pendant environ 5 à 6 minutes.
Chauffez ensuite 2 minutes au micro-ondes votre farine de riz, puis travaillez la pâte sur un plan de travail légèrement saupoudré de cette farine.
Formez des boules de glace à la cuillère à glace, posez-les sur une plaque et remettez-les au congélateur au moins 1 heure. Elles doivent être vraiment dures.
Étalez la pâte à mochi refroidie sur un plan de travail saupoudré de farine de riz cuite, et découpez des disques d'environ 10 cm.
Posez une boule de glace bien dure au centre d'un disque, refermez la pâte par-dessus en pinçant, et retournez le mochi soudure en dessous. Allez vite, la glace fond.
Emballez chaque mochi dans du film et remettez au congélateur au moins 2 heures avant de servir.
Sortez-les 5 minutes avant de les manger : la pâte doit redevenir souple.
L'épisode
Ouvrir sur YouTubeEt si tu t'abonnes, je continue à acheter des trucs pour te dire de ne pas les acheter.