Les madeleines

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Les madeleines

L'histoire de ma vietu peux ne pas cliquer

Il y a des plats qu'on cuisine, et il y a des plats qui vous cuisinent. Celui-ci appartient à la deuxième catégorie.

Ma grand-mère disait qu'on reconnaît une bonne cuisine à l'usure du sol devant l'évier. La sienne était creusée. Ce n'est pas une image.

Ma grand-mère détestait les livres de cuisine. Elle en avait onze. Ils étaient rangés par couleur, ce qui devrait vous dire à quel point elle les ouvrait.

Ma grand-mère ne suivait jamais une recette jusqu'au bout. Elle s'arrêtait toujours deux étapes avant la fin et improvisait le reste, par principe.

Ma grand-mère avait une balance. Elle ne s'en servait pas. Elle la gardait sur l'étagère du haut, hors de portée, comme un avertissement adressé à je ne sais qui.

Les madeleines, donc. Nous n'en sommes pas encore là, et ce n'est pas faute d'avoir commencé.

Il faisait chaud. Pas une chaleur d'été, une chaleur de cuisine, celle qui monte du sol et qui vous colle la chemise dans le dos vers la troisième étape.

Il y avait une horloge murale qui avançait de sept minutes. Personne ne l'a jamais réglée. Toute la famille calculait, en silence, depuis 1988.

Si vous lisez ceci sur votre téléphone, dans un couloir, en attendant quelqu'un : bon courage, il en reste.

Le saviez-vous : il existe plus de sept mille variétés de pommes, et les supermarchés en vendent six. Voilà. C'est tout ce que j'ai sur les pommes.

On m'a servi un plat dont je n'ai jamais retrouvé le nom. J'ai cherché pendant deux ans. J'ai fini par accepter que je l'avais peut-être rêvé.

La chambre donnait sur une cour intérieure où une dame étendait du linge à sept heures du matin, tous les jours, y compris le dimanche, y compris quand il pleuvait.

Le vendeur de tomates s'appelait Marco. Ou Mario. C'était il y a longtemps. Il avait un tablier bleu et une opinion très arrêtée sur les courgettes, qu'il partageait sans qu'on lui demande.

Le village avait une place, une église et un bar. Le bar fermait à des horaires que personne ne connaissait, y compris le patron, que j'ai interrogé.

Il paraît que ce genre de texte aide le référencement. Je ne sais pas si c'est vrai. J'ai décidé que oui, parce que ça m'arrange.

Le saviez-vous : le pain a été salé en France pour des raisons fiscales, puis dessalé pour les mêmes raisons. L'histoire de la cuisine est surtout une histoire d'impôts.

Mon chien s'appelle Roger. Il n'a rien à voir avec cette recette mais il était là pendant que je l'écrivais, et il me semblerait malhonnête de ne pas le mentionner.

Certains blogs mettent une photo tous les deux paragraphes. Je n'ai pas de photo. Imaginez-en une. Prenez le temps qu'il faut.

J'aurais pu mettre la recette en haut. Beaucoup de gens le font. Ce sont des lâches.

Le saviez-vous : un citron flotte et un citron vert coule. J'ai passé une soirée entière à vérifier. Ce n'était pas une bonne soirée.

Il y avait un courant d'air entre la porte et la fenêtre qui faisait battre le torchon accroché à la poignée. On appelait ça « le vent de la cuisine », comme si c'était un phénomène météorologique local.

On me demande souvent si ça vaut vraiment le coup : Les madeleines, je veux dire. La réponse est plus bas, et elle est courte.

Encore un paragraphe et on y est. Ce n'est pas vrai, mais l'espoir fait descendre.

Le saviez-vous : les cacahuètes ne sont pas des noix, les amandes non plus, et à ce stade je ne sais plus ce qu'est une noix.

Prenez votre temps pour lire ce passage. Rien ne presse. La recette ne va nulle part. Moi non plus, apparemment.

Merci d'avoir lu. Sincèrement. Vous êtes très peu.

Ingrédients

  • 130gfarine
  • 2glevure chimique
  • Une pincéesel
  • 115gbeurre non salé, fondu et refroidi
  • 100g2 gros œufs (environ 100g-120g)
  • 130gsucre en poudre
  • 5mlextrait de vanille
  • 1zeste de citron, ou de la fleur d'oranger, ou du mielfacultatif

La recette

  1. Fouetter les œufs et le sucre jusqu'à ce que le mélange soit épais et pâle (5-7 minutes).

  2. Tamiser la farine, la levure et le sel ensemble.

  3. Ajouter l'extrait de vanille et le zeste de citron.

  4. Incorporer délicatement les ingrédients secs, puis le beurre fondu jusqu'à ce que le tout soit homogène.

  5. Couvrir et réfrigérer pendant au moins 1 heure. Vous pouvez même le laisser plus longtemps.

  6. Préchauffer le four à 225 °C. Beurrer un moule à madeleines. Pour le moule, la règle est la même que pour les cannelés : prenez-le lourd et en métal, il garde la chaleur et c'est ce qui fait la bosse.

  7. Remplir les moules aux trois quarts. Cuire à 225°C pendant 2 minutes, puis baisser la température à 180°C et cuire encore 4 minutes, jusqu'à ce que les bords soient dorés et que le centre rebondisse sous la pression. Assurez-vous que ce soit assez cuit. Si vous avez décidé que la bosse dans la vidéo n'est pas assez grande et que vous l'avez mise au congélateur, la cuisson sera plus longue.

  8. Laisser refroidir dans le moule pendant quelques minutes, puis transférer sur une grille.

L'épisode

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