Le litpon citron

Alors ?

Choisis un côté. Les deux sont possibles.

Faites-le····

Le litpon citron

L'histoire de ma vietu peux ne pas cliquer

Il faut que je pose le contexte. Le contexte est long. Le contexte est en réalité l'essentiel de cette page.

Ma grand-mère parlait à ses casseroles. Pas beaucoup. Juste ce qu'il faut pour qu'on se demande.

Ma grand-mère laissait la porte du four ouverte après cuisson, l'hiver, pour chauffer la pièce. Je sais que c'est déconseillé. Elle le savait aussi.

Ma grand-mère gardait ses recettes dans un carnet à couverture verte qu'elle ne montrait à personne. À sa mort on l'a ouvert. Il n'y avait que des numéros de téléphone.

Ma grand-mère disait qu'on reconnaît une bonne cuisine à l'usure du sol devant l'évier. La sienne était creusée. Ce n'est pas une image.

Ma grand-mère avait un avis sur tout, y compris sur ce qui nous occupe : Le litpon citron. Elle n'en avait jamais fait.

Il y avait une horloge murale qui avançait de sept minutes. Personne ne l'a jamais réglée. Toute la famille calculait, en silence, depuis 1988.

La radio était allumée en permanence sur une station qui ne passait que des informations régionales. Personne n'écoutait. L'éteindre aurait été impensable.

Je pourrais varier davantage. Je pourrais aussi faire beaucoup de choses.

Le saviez-vous : un four domestique ment sur sa température d'environ vingt degrés. Le vôtre aussi. Bonne chance.

J'ai pris des photos. Deux cent quarante. Je ne les ai jamais rouvertes, et pourtant je paie un abonnement mensuel pour les conserver.

La chambre donnait sur une cour intérieure où une dame étendait du linge à sept heures du matin, tous les jours, y compris le dimanche, y compris quand il pleuvait.

J'ai mangé la même chose quatre soirs de suite dans le même restaurant. Le serveur a fini par ne plus apporter la carte. C'est la plus belle chose qui me soit arrivée en voyage.

Au retour, j'ai essayé de refaire ce que j'avais mangé là-bas. Ce n'était pas pareil. Ce n'est jamais pareil, et on continue quand même.

Certains blogs mettent une photo tous les deux paragraphes. Je n'ai pas de photo. Imaginez-en une. Prenez le temps qu'il faut.

Le saviez-vous : le pain a été salé en France pour des raisons fiscales, puis dessalé pour les mêmes raisons. L'histoire de la cuisine est surtout une histoire d'impôts.

Roger s'assoit systématiquement à l'endroit exact où je dois aller. Il le sait avant moi. Je n'ai pas d'explication rationnelle.

Prenez votre temps pour lire ce passage. Rien ne presse. La recette ne va nulle part. Moi non plus, apparemment.

Vous pourriez fermer ce bloc. Le bouton est juste au-dessus, il s'appelle « L'histoire de ma vie » et il fonctionne dans les deux sens. Personne ne vous en voudra.

Le saviez-vous : les carottes ne rendent pas aimable. C'est une invention de parents, et elle a très bien fonctionné sur moi jusqu'à vingt-trois ans.

Il y avait une odeur permanente, impossible à identifier, qui n'était désagréable pour personne sauf pour les invités.

Le litpon citron, donc. Nous n'en sommes pas encore là, et ce n'est pas faute d'avoir commencé.

Un mot sur la longueur de ce texte : elle est volontaire, elle est excessive, et elle est le sujet.

Le saviez-vous : la banane est techniquement une baie, alors que la fraise n'en est pas une. J'ai déjà mentionné la fraise plus haut. Je me répète, c'est le principe.

À ce stade, la plupart des gens ont abandonné. Si vous êtes encore là, vous êtes soit très patient, soit en train de faire autre chose en même temps. Les deux me vont.

Et c'est ainsi que je n'ai toujours rien expliqué. La recette, elle, explique tout, et elle est juste en dessous.

Ingrédients

  • 1 litreeau bouillante
  • 5 sachetsLipton citron noir
  • 40 grammessucre (ou moins, ou plus, ou aspartame, débrouillez-vous)
  • 1jus de citron

La recette

  1. Versez l'eau bouillante sur les sachets, ajoutez le sucre, le citron et réservez au frais (plus vous laissez reposer au frais avec les sachets, meilleur ce sera et plus cela se rapprochera du Lipton acheté).

L'épisode

Ouvrir sur YouTubeEt si tu t'abonnes, je continue à acheter des trucs pour te dire de ne pas les acheter.