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Les ladyfingers
Pour 30 biscuits
L'histoire de ma vietu peux ne pas cliquer
Avant de commencer, il faut que je vous raconte quelque chose. C'est important. Enfin, ce n'est pas important, mais j'y tiens.
Ma grand-mère avait un tablier qu'elle ne lavait qu'en août. Elle disait que le lavage enlevait le goût. Je n'ai jamais su si elle plaisantait.
Ma grand-mère avait une balance. Elle ne s'en servait pas. Elle la gardait sur l'étagère du haut, hors de portée, comme un avertissement adressé à je ne sais qui.
Ma grand-mère avait deux couteaux. Un pour tout, et un qu'il ne fallait pas toucher. J'ai touché le deuxième une fois. Une seule.
Ma grand-mère parlait à ses casseroles. Pas beaucoup. Juste ce qu'il faut pour qu'on se demande.
Techniquement, cette histoire n'a aucun rapport avec ce qui nous réunit : Les ladyfingers. Techniquement.
Le carrelage était jaune. Pas jaune vif, jaune fatigué, ce jaune des années soixante-dix qui a vu passer trois générations et deux divorces.
Les murs étaient couverts d'une toile de verre peinte en blanc cassé, et près de la gazinière il y avait une auréole plus foncée que personne n'a jamais tenté de nettoyer.
Encore un paragraphe et on y est. Ce n'est pas vrai, mais l'espoir fait descendre.
Le saviez-vous : le miel ne périme pas. On en a retrouvé dans des tombes égyptiennes, encore comestible. Personne n'a précisé s'il était bon.
Le vendeur de tomates s'appelait Marco. Ou Mario. C'était il y a longtemps. Il avait un tablier bleu et une opinion très arrêtée sur les courgettes, qu'il partageait sans qu'on lui demande.
J'ai rapporté un pot en terre cuite de ce voyage. Il est cassé maintenant. Je le garde quand même, dans un placard, dans un sac, parce que le jeter serait admettre quelque chose.
Il y avait un chat sur le muret, à droite en sortant. Toujours le même chat, toujours le même muret. Nous ne nous sommes jamais adressé la parole.
J'ai pris des photos. Deux cent quarante. Je ne les ai jamais rouvertes, et pourtant je paie un abonnement mensuel pour les conserver.
Ce paragraphe n'apporte strictement rien. Il est là pour la même raison que tous les autres : parce que plus vous descendez, mieux je me porte.
Le saviez-vous : il existe plus de sept mille variétés de pommes, et les supermarchés en vendent six. Voilà. C'est tout ce que j'ai sur les pommes.
J'ai failli appeler Roger autrement. Je ne dirai pas comment. Il a échappé à quelque chose et il l'ignore.
On m'a dit un jour qu'il fallait raconter une histoire avant une recette. On ne m'a jamais dit pourquoi. J'ai arrêté de demander.
J'ai un stock limité d'histoires et un nombre important de recettes. Faites le calcul, ou plutôt ne le faites pas.
Le saviez-vous : le pain a été salé en France pour des raisons fiscales, puis dessalé pour les mêmes raisons. L'histoire de la cuisine est surtout une histoire d'impôts.
En hiver la fenêtre se couvrait de buée et quelqu'un écrivait toujours quelque chose dessus. Généralement une bêtise. Une fois, une vérité, et ça a jeté un froid.
Ma grand-mère avait un avis sur tout, y compris sur ce qui nous occupe : Les ladyfingers. Elle n'en avait jamais fait.
Un mot sur la longueur de ce texte : elle est volontaire, elle est excessive, et elle est le sujet.
Le saviez-vous : les carottes ne rendent pas aimable. C'est une invention de parents, et elle a très bien fonctionné sur moi jusqu'à vingt-trois ans.
Je crois que j'ai déjà raconté ça ailleurs. Tant pis. Vous n'étiez peut-être pas là.
Fin de l'histoire. Elle n'avait pas de fin prévue, j'ai simplement décidé que c'était maintenant.
Ingrédients
- 4gros œufs, blancs et jaunes séparés
- 120 gsucre
- 100 gfarine T45
- 20 gMaïzena
- 1 c. à caféextrait de vanille
- 1 pincéesel
- sucre glace, pour saupoudrer
La recette
Préchauffer le four à 180 °C en chaleur traditionnelle (ou 170 °C en chaleur tournante). Recouvrir deux plaques de papier cuisson.
Séparer les blancs des jaunes très soigneusement : il ne doit pas y avoir de jaune dans les blancs.
Fouetter les jaunes avec 60 g de sucre et la vanille pendant 4 à 5 minutes, jusqu'à obtenir un mélange très pâle, épais et mousseux.
Dans un saladier parfaitement propre, commencer à monter les blancs avec la pincée de sel. Quand ils deviennent mousseux, ajouter progressivement les 60 g de sucre restants.
Fouetter jusqu'à obtenir une meringue brillante avec des pics fermes mais encore souples. Éviter de trop monter les blancs, sinon ils deviennent secs et difficiles à incorporer.
Tamiser ensemble la farine et la Maïzena.
Incorporer environ un tiers des blancs montés au mélange de jaunes pour l'alléger.
Incorporer délicatement la moitié du mélange farine-Maïzena.
Ajouter un deuxième tiers des blancs, puis le reste de farine, puis terminer avec le reste des blancs. Mélanger délicatement à la maryse et arrêter dès que la pâte est homogène : il faut conserver un maximum d'air dans la préparation.
Verser la pâte dans une poche à douille munie d'une douille ronde d'environ 1,2 à 1,5 cm.
Pocher des biscuits d'environ 9 à 10 cm de longueur, en laissant un peu d'espace entre chacun.
Saupoudrer généreusement de sucre glace, attendre environ 2 minutes, puis saupoudrer une deuxième fois. Cette double couche donne la petite croûte légèrement croustillante typique des vrais biscuits à la cuillère.
Enfourner pendant 11 à 14 minutes, jusqu'à ce que les biscuits soient légèrement dorés et fermes au toucher.
180 °C
L'épisode
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