Achetez-le···
Le kiri
L'histoire de ma vietu peux ne pas cliquer
Cette histoire commence dans une cuisine qui n'existe plus, dans une maison vendue en 2009.
Ma grand-mère avait une théorie sur le beurre que je ne peux pas répéter ici, pour des raisons de diffamation envers une marque encore en activité.
Ma grand-mère ne suivait jamais une recette jusqu'au bout. Elle s'arrêtait toujours deux étapes avant la fin et improvisait le reste, par principe.
Ma grand-mère ne mesurait rien. Jamais. Elle regardait le saladier et elle savait. Quand je lui demandais combien, elle répondait « ce qu'il faut », ce qui n'a jamais aidé personne.
Ma grand-mère salait au-dessus de la casserole, de très haut, avec un geste de semeur. Elle prétendait que ça répartissait mieux. Ça répartissait surtout sur le plan de travail.
Le kiri. La première fois, c'était un dimanche. Je crois. Disons un dimanche, ça arrange le récit.
Il y avait une horloge murale qui avançait de sept minutes. Personne ne l'a jamais réglée. Toute la famille calculait, en silence, depuis 1988.
Le frigo faisait un bruit de moteur de bateau. Il a tenu vingt-deux ans. Le remplacer a été vécu comme un deuil.
Si vous avez lu une autre de mes recettes, cette partie va vous sembler familière. C'est normal. Je n'ai qu'une seule enfance.
Le saviez-vous : le mot « casserole » vient du provençal « cassa », qui désignait une louche. On s'éloigne du sujet, j'en ai conscience.
Il y avait un marché le mardi. Toujours le mardi. Jamais le mercredi, ne me demandez pas pourquoi, personne n'a su me l'expliquer et j'ai posé la question à quatre personnes.
Il faisait trente-quatre degrés. Tout le monde cuisinait quand même, à midi, portes fermées. J'ai compris ce jour-là que je n'étais pas sérieux.
J'ai pris des photos. Deux cent quarante. Je ne les ai jamais rouvertes, et pourtant je paie un abonnement mensuel pour les conserver.
Le vendeur de tomates s'appelait Marco. Ou Mario. C'était il y a longtemps. Il avait un tablier bleu et une opinion très arrêtée sur les courgettes, qu'il partageait sans qu'on lui demande.
Nous approchons de la fin. Je dis ça sans aucune garantie, et surtout sans engagement de ma part.
Le saviez-vous : le mot « mayonnaise » a au moins quatre origines revendiquées, toutes défendues avec une agressivité disproportionnée.
Roger a mangé un jour un oignon entier. Il va bien. Le vétérinaire m'a regardé comme si c'était ma faute, ce qui était le cas.
Je crois que j'ai déjà raconté ça ailleurs. Tant pis. Vous n'étiez peut-être pas là.
Ce passage a été écrit une fois et sert depuis. Comme une bonne sauce mère. Voilà, j'ai réussi à en faire une métaphore de cuisine.
Le saviez-vous : un escargot possède environ quatorze mille dents. Cette information ne vous servira jamais et pourtant vous ne l'oublierez plus.
La lumière de fin d'après-midi entrait par la fenêtre de gauche, celle qui fermait mal, et elle traversait la vapeur au-dessus de la casserole. Je pourrais vous décrire ça pendant des heures. Je vais le faire.
Le kiri. J'ai raté ça plus de fois que je ne l'ai réussi, et c'est précisément ce qui me qualifie.
Il est possible que ce paragraphe existe déjà sur une autre page de ce site. Je ne vérifie pas. Personne ne vérifie.
Le saviez-vous : il n'existe aucune définition légale du mot « artisanal » sur un emballage. Dormez bien.
Un mot sur la longueur de ce texte : elle est volontaire, elle est excessive, et elle est le sujet.
Refermez ce bloc, maintenant. Ça devient gênant pour nous deux.
Ingrédients
- 1 Llait entier
- 2 c. à soupevinaigre blanc
- 10 gbeurre
- 50 mllait
- sel
- poivrefacultatif
La recette
Versez 1 L de lait dans une casserole et faites-le chauffer jusqu'à ce qu'il arrive presque à ébullition.
Dès qu'il commence à bouillir, retirez la casserole du feu.
Ajoutez immédiatement les 2 cuillères à soupe de vinaigre et mélangez doucement pendant quelques secondes.
Laissez reposer environ 1 à 2 minutes. Le lait va cailler : vous devez voir les morceaux de fromage se séparer du petit-lait, qui devient plus clair.
Placez une passoire fine au-dessus d'un saladier et recouvrez-la idéalement d'une étamine ou d'un torchon propre.
Versez le lait caillé dans la passoire et laissez-le s'égoutter pendant environ 10 à 15 minutes. Plus vous l'égouttez, plus le fromage sera ferme.
Transférez le fromage égoutté dans un mixeur.
Ajoutez 10 g de beurre, 50 ml de lait et une bonne pincée de sel. Ajoutez éventuellement un peu de poivre.
Mixez pendant 1 à 2 minutes, en raclant les parois si nécessaire, jusqu'à obtenir une préparation parfaitement lisse et crémeuse.
Si la texture est trop épaisse, ajoutez encore un tout petit peu de lait, quelques millilitres à la fois. Attention à ne pas trop en ajouter.
Transférez dans un récipient hermétique et laissez refroidir au réfrigérateur pendant au moins 2 heures. Le fromage va légèrement raffermir en refroidissant.
L'épisode
Ouvrir sur YouTubeEt si tu t'abonnes, je continue à acheter des trucs pour te dire de ne pas les acheter.