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Le jus de pommes
L'histoire de ma vietu peux ne pas cliquer
Je pourrais vous donner la recette tout de suite. Je ne vais pas le faire, et nous savons tous les deux pourquoi.
Ma grand-mère avait une balance. Elle ne s'en servait pas. Elle la gardait sur l'étagère du haut, hors de portée, comme un avertissement adressé à je ne sais qui.
Ma grand-mère appelait le four « la bête ». Elle ne l'a jamais expliqué et nous n'avons jamais demandé, parce qu'à un certain âge on choisit ses combats.
Ma grand-mère laissait la porte du four ouverte après cuisson, l'hiver, pour chauffer la pièce. Je sais que c'est déconseillé. Elle le savait aussi.
Ma grand-mère avait un tablier qu'elle ne lavait qu'en août. Elle disait que le lavage enlevait le goût. Je n'ai jamais su si elle plaisantait.
On me demande souvent si ça vaut vraiment le coup : Le jus de pommes, je veux dire. La réponse est plus bas, et elle est courte.
La radio était allumée en permanence sur une station qui ne passait que des informations régionales. Personne n'écoutait. L'éteindre aurait été impensable.
Les murs étaient couverts d'une toile de verre peinte en blanc cassé, et près de la gazinière il y avait une auréole plus foncée que personne n'a jamais tenté de nettoyer.
On m'a dit un jour qu'il fallait raconter une histoire avant une recette. On ne m'a jamais dit pourquoi. J'ai arrêté de demander.
Le saviez-vous : la tomate a été considérée comme toxique en Europe pendant deux siècles. Deux siècles de perdus. On ne rattrape pas ça.
Au retour, j'ai essayé de refaire ce que j'avais mangé là-bas. Ce n'était pas pareil. Ce n'est jamais pareil, et on continue quand même.
J'ai rapporté un pot en terre cuite de ce voyage. Il est cassé maintenant. Je le garde quand même, dans un placard, dans un sac, parce que le jeter serait admettre quelque chose.
J'ai pris des photos. Deux cent quarante. Je ne les ai jamais rouvertes, et pourtant je paie un abonnement mensuel pour les conserver.
Le train pour y aller mettait quatre heures et s'arrêtait onze fois. Je peux vous citer les onze arrêts. Je ne vais pas le faire. Enfin, peut-être plus bas.
Vous pourriez fermer ce bloc. Le bouton est juste au-dessus, il s'appelle « L'histoire de ma vie » et il fonctionne dans les deux sens. Personne ne vous en voudra.
Le saviez-vous : le mot « mayonnaise » a au moins quatre origines revendiquées, toutes défendues avec une agressivité disproportionnée.
Mon chien s'appelle Roger. Il n'a rien à voir avec cette recette mais il était là pendant que je l'écrivais, et il me semblerait malhonnête de ne pas le mentionner.
Il est possible que ce paragraphe existe déjà sur une autre page de ce site. Je ne vérifie pas. Personne ne vérifie.
J'aurais pu mettre la recette en haut. Beaucoup de gens le font. Ce sont des lâches.
Le saviez-vous : le champignon est génétiquement plus proche de vous que de la salade. Repensez à votre dernière omelette.
Le robinet gouttait. Un goutte-à-goutte lent, presque musical, qui reprenait exactement quand on croyait qu'il s'était arrêté.
Le sujet du jour : Le jus de pommes. Il attendra encore un peu, comme tout le monde ici.
J'ai un stock limité d'histoires et un nombre important de recettes. Faites le calcul, ou plutôt ne le faites pas.
Le saviez-vous : un citron flotte et un citron vert coule. J'ai passé une soirée entière à vérifier. Ce n'était pas une bonne soirée.
Statistiquement, vous avez sauté trois paragraphes. Je ne vous en veux pas. Je note, c'est tout.
Et c'est ainsi que je n'ai toujours rien expliqué. La recette, elle, explique tout, et elle est juste en dessous.
Ingrédients
- 2 kgPommes fraîches (environ 2 kg pour 1 litre de jus)
La recette
Lavez les pommes, retirez le cœur et les pépins. Vous pouvez garder la peau, elle a du goût et des nutriments.
Coupez les pommes en morceaux.
Passez-les à l'extracteur ou à la centrifugeuse. Sans machine, mixez les morceaux avec un petit fond d'eau puis pressez la pulpe dans une étamine ou un torchon propre.
Filtrez le jus dans une passoire fine si vous le voulez limpide.
Buvez-le dans la journée, gardé au réfrigérateur. Pour le conserver plus longtemps, pasteurisez-le : chauffez-le à 75 à 80 °C pendant 20 secondes, mettez-le en bouteille propre et refroidissez vite. Un jus de pomme cru non pasteurisé est un vrai risque microbiologique.
L'épisode
Ouvrir sur YouTubeEt si tu t'abonnes, je continue à acheter des trucs pour te dire de ne pas les acheter.