Le gazpacho

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Le gazpacho

L'histoire de ma vietu peux ne pas cliquer

Cette recette, je ne peux pas vous la donner comme ça. Il faut d'abord que vous compreniez d'où elle vient.

Ma grand-mère refusait catégoriquement de goûter pendant la cuisson. Elle disait que ça portait malheur. Elle a servi des plats immangeables pendant quarante ans avec une constance admirable.

Ma grand-mère ne mesurait rien. Jamais. Elle regardait le saladier et elle savait. Quand je lui demandais combien, elle répondait « ce qu'il faut », ce qui n'a jamais aidé personne.

Ma grand-mère faisait cuire ses plats au feeling et au bruit. Elle disait qu'un plat qui chante n'a pas besoin de minuteur. Elle avait raison, et ça ne m'a jamais servi à rien.

Ma grand-mère laissait la porte du four ouverte après cuisson, l'hiver, pour chauffer la pièce. Je sais que c'est déconseillé. Elle le savait aussi.

Vous êtes venu pour une chose et une seule : Le gazpacho. Je le sais. Je fais durer, c'est mon seul pouvoir.

Le sol était en lino imitation tomettes. De loin ça marchait. De près, non. De toute façon on ne regarde pas le sol quand on mange.

Il y avait une odeur permanente, impossible à identifier, qui n'était désagréable pour personne sauf pour les invités.

Ce paragraphe n'apporte strictement rien. Il est là pour la même raison que tous les autres : parce que plus vous descendez, mieux je me porte.

Le saviez-vous : la vanille est la deuxième épice la plus chère au monde. La première est le safran. La troisième, je ne sais pas, et cela me hante.

Le vendeur de tomates s'appelait Marco. Ou Mario. C'était il y a longtemps. Il avait un tablier bleu et une opinion très arrêtée sur les courgettes, qu'il partageait sans qu'on lui demande.

J'ai mangé la même chose quatre soirs de suite dans le même restaurant. Le serveur a fini par ne plus apporter la carte. C'est la plus belle chose qui me soit arrivée en voyage.

Il y avait un chat sur le muret, à droite en sortant. Toujours le même chat, toujours le même muret. Nous ne nous sommes jamais adressé la parole.

La chambre donnait sur une cour intérieure où une dame étendait du linge à sept heures du matin, tous les jours, y compris le dimanche, y compris quand il pleuvait.

Il est possible que ce paragraphe existe déjà sur une autre page de ce site. Je ne vérifie pas. Personne ne vérifie.

Le saviez-vous : la carotte a été orange pour des raisons politiques avant de l'être pour des raisons de goût. J'ai vérifié une fois, il y a six ans, et je n'ai pas revérifié depuis.

Roger ne figure sur aucune de mes vidéos. C'est un choix. Il n'a pas le tempérament, et surtout il vole la vedette.

Il paraît que ce genre de texte aide le référencement. Je ne sais pas si c'est vrai. J'ai décidé que oui, parce que ça m'arrange.

Prenez votre temps pour lire ce passage. Rien ne presse. La recette ne va nulle part. Moi non plus, apparemment.

Le saviez-vous : la noix de muscade est légèrement hallucinogène à forte dose. Ce n'est pas une invitation, c'est une note de bas de page.

Le frigo faisait un bruit de moteur de bateau. Il a tenu vingt-deux ans. Le remplacer a été vécu comme un deuil.

On me demande souvent si ça vaut vraiment le coup : Le gazpacho, je veux dire. La réponse est plus bas, et elle est courte.

On m'a dit un jour qu'il fallait raconter une histoire avant une recette. On ne m'a jamais dit pourquoi. J'ai arrêté de demander.

Le saviez-vous : le mot « mayonnaise » a au moins quatre origines revendiquées, toutes défendues avec une agressivité disproportionnée.

Si vous avez lu une autre de mes recettes, cette partie va vous sembler familière. C'est normal. Je n'ai qu'une seule enfance.

Et c'est ainsi que je n'ai toujours rien expliqué. La recette, elle, explique tout, et elle est juste en dessous.

Ingrédients

  • 800 gTomates bien mûres
  • 80 gPoivron rouge
  • 100 gConcombre (pelé)
  • 40 gOignon rouge
  • 3 gAil (petite gousse, sans germe)
  • 50 gHuile d’olive extra vierge
  • 20 gVinaigre de Xérès
  • 100 gEau fraîche
  • 7 gSel fin
  • 30 gPain blanc sans croûte

La recette

  1. Lavez et épluchez les légumes (tomates, poivron, concombre).

  2. Mettez tous les légumes dans un blender puissant, ajoutez le sel et mixez 1 à 2 minutes, puis ajoutez l'huile et le vinaigre en mixant.

  3. Ajouter un peu d’eau si nécessaire pour obtenir une consistance fluide mais pas trop liquide. Goûter et rectifier l’assaisonnement.

  4. Passer le mélange au chinois ou à une passoire très fine pour obtenir une texture parfaitement lisse.

  5. Réservez au réfrigérateur au moins 4 heures, idéalement toute une nuit, avant de servir.

L'épisode

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