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Le fondant au chocolat
L'histoire de ma vietu peux ne pas cliquer
Il y a des plats qu'on cuisine, et il y a des plats qui vous cuisinent. Celui-ci appartient à la deuxième catégorie.
Ma grand-mère avait une cuisine minuscule. Trois mètres carrés, peut-être quatre. Elle disait toujours qu'une grande cuisine, c'est une cuisine où on marche au lieu de cuisiner.
Ma grand-mère ne suivait jamais une recette jusqu'au bout. Elle s'arrêtait toujours deux étapes avant la fin et improvisait le reste, par principe.
Ma grand-mère détestait les livres de cuisine. Elle en avait onze. Ils étaient rangés par couleur, ce qui devrait vous dire à quel point elle les ouvrait.
Ma grand-mère servait toujours trop. Systématiquement. Refuser était perçu comme une prise de position politique.
Le fondant au chocolat, donc. Nous n'en sommes pas encore là, et ce n'est pas faute d'avoir commencé.
En hiver la fenêtre se couvrait de buée et quelqu'un écrivait toujours quelque chose dessus. Généralement une bêtise. Une fois, une vérité, et ça a jeté un froid.
Le carrelage était jaune. Pas jaune vif, jaune fatigué, ce jaune des années soixante-dix qui a vu passer trois générations et deux divorces.
Je crois que j'ai déjà raconté ça ailleurs. Tant pis. Vous n'étiez peut-être pas là.
Le saviez-vous : l'ananas met deux ans à pousser. Deux ans, pour finir coupé en huit sur un plateau, à côté d'un cure-dent.
Le café coûtait quatre-vingt-dix centimes au comptoir et deux euros quarante en terrasse, pour une distance d'un mètre vingt. J'ai payé la terrasse. Chaque jour.
Il y avait un marché le mardi. Toujours le mardi. Jamais le mercredi, ne me demandez pas pourquoi, personne n'a su me l'expliquer et j'ai posé la question à quatre personnes.
J'y suis retourné en 2021. Le marché existait toujours. Marco, ou Mario, non. Je n'ai pas osé demander et j'y pense encore de temps en temps, généralement le soir.
En 2017, j'ai passé onze jours en Toscane. Onze. Je les ai comptés. Le dixième jour, dans un village dont je ne dirai pas le nom parce que je ne veux pas qu'il devienne touristique, une femme de quatre-vingts ans m'a expliqué quelque chose qui a changé ma façon de cuisiner. Je ne me souviens plus de quoi.
Ce paragraphe n'apporte strictement rien. Il est là pour la même raison que tous les autres : parce que plus vous descendez, mieux je me porte.
Le saviez-vous : le mot « restaurant » désignait à l'origine un bouillon, et non un lieu. Cette information est vraie et ne vous servira à rien.
Roger a une opinion sur cette recette. Il l'exprime en se couchant lourdement contre le four, ce qui n'est pas très clair.
On m'a dit un jour qu'il fallait raconter une histoire avant une recette. On ne m'a jamais dit pourquoi. J'ai arrêté de demander.
Statistiquement, vous avez sauté trois paragraphes. Je ne vous en veux pas. Je note, c'est tout.
Le saviez-vous : les cacahuètes ne sont pas des noix, les amandes non plus, et à ce stade je ne sais plus ce qu'est une noix.
La lumière de fin d'après-midi entrait par la fenêtre de gauche, celle qui fermait mal, et elle traversait la vapeur au-dessus de la casserole. Je pourrais vous décrire ça pendant des heures. Je vais le faire.
Le fondant au chocolat. La première fois, c'était un dimanche. Je crois. Disons un dimanche, ça arrange le récit.
Oui, je reparle de ma grand-mère. J'ai conscience du problème. Je n'ai pas l'intention de le régler.
Le saviez-vous : la tomate a été considérée comme toxique en Europe pendant deux siècles. Deux siècles de perdus. On ne rattrape pas ça.
Si vous lisez ceci sur votre téléphone, dans un couloir, en attendant quelqu'un : bon courage, il en reste.
Je m'arrête. Pas parce que je n'ai plus rien, mais parce qu'il faut bien manger un jour.
Ingrédients
- 100 grammesbeurre
- 100 grammeschocolat
- 20 grammessucre brun
- 20 grammessucre blanc
- 40 grammesfarine
- 2œufs
La recette
Préchauffez votre four à 180 degrés Celsius.
Faites fondre le beurre et le chocolat ensemble, puis laissez refroidir légèrement.
Dans un bol, mélangez les deux types de sucre.
Incorporez les œufs un par un en mélangeant bien après chaque ajout.
Ajoutez le mélange beurre-chocolat fondu au mélange de sucre et mélangez bien.
Incorporez la farine et mélangez jusqu'à obtenir une pâte homogène.
Versez la pâte dans des petits moules préalablement beurrés et farinés, ou utilisez des moules en silicone.
Faites cuire au four préchauffé pendant environ 8 minutes à 180 degrés Celsius. Vous pouvez ajuster le temps de cuisson pour obtenir la consistance souhaitée : plus longtemps pour un fondant moins coulant et moins longtemps pour un fondant plus coulant.
L'épisode
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