La focaccia

Alors ?

Choisis un côté. Les deux sont possibles.

Faites-le·····

La focaccia

L'histoire de ma vietu peux ne pas cliquer

Il y a des plats qu'on cuisine, et il y a des plats qui vous cuisinent. Celui-ci appartient à la deuxième catégorie.

Ma grand-mère faisait cuire ses plats au feeling et au bruit. Elle disait qu'un plat qui chante n'a pas besoin de minuteur. Elle avait raison, et ça ne m'a jamais servi à rien.

Ma grand-mère laissait la porte du four ouverte après cuisson, l'hiver, pour chauffer la pièce. Je sais que c'est déconseillé. Elle le savait aussi.

Ma grand-mère avait une balance. Elle ne s'en servait pas. Elle la gardait sur l'étagère du haut, hors de portée, comme un avertissement adressé à je ne sais qui.

Ma grand-mère avait une cuisine minuscule. Trois mètres carrés, peut-être quatre. Elle disait toujours qu'une grande cuisine, c'est une cuisine où on marche au lieu de cuisiner.

La focaccia. Nous y reviendrons. Enfin, j'y reviendrai, vous, vous êtes déjà en train de faire défiler.

Le frigo faisait un bruit de moteur de bateau. Il a tenu vingt-deux ans. Le remplacer a été vécu comme un deuil.

En hiver la fenêtre se couvrait de buée et quelqu'un écrivait toujours quelque chose dessus. Généralement une bêtise. Une fois, une vérité, et ça a jeté un froid.

Je sais ce que vous vous dites. Vous vous dites : est-ce que tout ça va quelque part. La réponse est non, et nous en sommes tous les deux conscients.

Le saviez-vous : la tomate a été considérée comme toxique en Europe pendant deux siècles. Deux siècles de perdus. On ne rattrape pas ça.

J'ai mangé la même chose quatre soirs de suite dans le même restaurant. Le serveur a fini par ne plus apporter la carte. C'est la plus belle chose qui me soit arrivée en voyage.

Au retour, j'ai essayé de refaire ce que j'avais mangé là-bas. Ce n'était pas pareil. Ce n'est jamais pareil, et on continue quand même.

J'ai pris des photos. Deux cent quarante. Je ne les ai jamais rouvertes, et pourtant je paie un abonnement mensuel pour les conserver.

Le train pour y aller mettait quatre heures et s'arrêtait onze fois. Je peux vous citer les onze arrêts. Je ne vais pas le faire. Enfin, peut-être plus bas.

À ce stade, la plupart des gens ont abandonné. Si vous êtes encore là, vous êtes soit très patient, soit en train de faire autre chose en même temps. Les deux me vont.

Le saviez-vous : le mot « mayonnaise » a au moins quatre origines revendiquées, toutes défendues avec une agressivité disproportionnée.

J'ai failli appeler Roger autrement. Je ne dirai pas comment. Il a échappé à quelque chose et il l'ignore.

Encore un paragraphe et on y est. Ce n'est pas vrai, mais l'espoir fait descendre.

Ce passage a été écrit une fois et sert depuis. Comme une bonne sauce mère. Voilà, j'ai réussi à en faire une métaphore de cuisine.

Le saviez-vous : le brocoli n'existe pas à l'état sauvage. Il a été inventé par des humains, à partir d'un chou, volontairement.

Le sol était en lino imitation tomettes. De loin ça marchait. De près, non. De toute façon on ne regarde pas le sol quand on mange.

Le sujet du jour : La focaccia. Il attendra encore un peu, comme tout le monde ici.

Statistiquement, vous avez sauté trois paragraphes. Je ne vous en veux pas. Je note, c'est tout.

Le saviez-vous : l'ananas met deux ans à pousser. Deux ans, pour finir coupé en huit sur un plateau, à côté d'un cure-dent.

Il paraît que ce genre de texte aide le référencement. Je ne sais pas si c'est vrai. J'ai décidé que oui, parce que ça m'arrange.

Merci d'avoir lu. Sincèrement. Vous êtes très peu.

Ingrédients

La veille, pré-ferment

  • 227 geau
  • 227 gfarine
  • 2 glevure boulangère

Le lendemain

  • tout le pré-ferment
  • 160 geau
  • 340 gfarine
  • 4 glevure boulangère
  • 5 gsel
  • 70 ghuile d'olive

La recette

  1. La veille, mélangez les 227 g d'eau, les 227 g de farine et les 2 g de levure boulangère jusqu'à obtenir une pâte homogène. Couvrez le récipient et laissez fermenter 30 à 60 minutes à température ambiante, puis placez-le au réfrigérateur pour toute la nuit.

  2. Le lendemain, sortez le pré-ferment du réfrigérateur et laissez-le revenir à température ambiante pendant environ 30 minutes.

  3. Ajoutez l'eau et les 4 g de levure boulangère. Mélangez pour détendre légèrement le pré-ferment.

  4. Ajoutez les 340 g de farine et les 5 g de sel. Mélangez jusqu'à ce qu'il ne reste plus de farine sèche.

  5. Ajoutez progressivement environ 40 g d'huile d'olive et travaillez la pâte pendant 5 à 10 minutes, jusqu'à ce qu'elle devienne plus lisse et élastique. La pâte doit rester souple et légèrement collante.

  6. Couvrez et laissez lever à température ambiante pendant environ 1 h 30 à 2 heures, jusqu'à ce que la pâte ait visiblement gonflé.

  7. Versez environ 15 g d'huile d'olive dans un grand plat ou une plaque de cuisson. Déposez délicatement la pâte dessus et retournez-la une fois pour l'enduire légèrement d'huile.

  8. Étirez doucement la pâte avec les doigts pour qu'elle occupe le plat. Ne l'écrasez pas et ne cherchez pas à chasser les bulles. Si elle se rétracte, laissez-la reposer 10 à 15 minutes avant de continuer.

  9. Couvrez et laissez lever encore 45 minutes à 1 h 30, jusqu'à ce que la pâte soit bien gonflée et remplie de petites bulles.

  10. Préchauffez le four à 220 °C.

  11. Versez les 15 g d'huile d'olive restants sur la pâte. Avec les doigts huilés, enfoncez franchement le bout des doigts dans la pâte pour former les trous caractéristiques de la focaccia, sans la dégonfler complètement.

  12. Vous pouvez ajouter un peu de fleur de sel, du romarin, des tomates cerises ou des olives à ce moment-là.

  13. Enfournez pendant environ 20 à 25 minutes à 220 °C, jusqu'à ce que la focaccia soit bien gonflée et dorée sur le dessus comme en dessous.

  14. Sortez-la du four et laissez-la reposer 10 à 15 minutes avant de la découper.

L'épisode

Ouvrir sur YouTubeEt si tu t'abonnes, je continue à acheter des trucs pour te dire de ne pas les acheter.