Faites-le···
Le curry
L'histoire de ma vietu peux ne pas cliquer
Avant de commencer, il faut que je vous raconte quelque chose. C'est important. Enfin, ce n'est pas important, mais j'y tiens.
Ma grand-mère avait une cuisine minuscule. Trois mètres carrés, peut-être quatre. Elle disait toujours qu'une grande cuisine, c'est une cuisine où on marche au lieu de cuisiner.
Ma grand-mère refusait catégoriquement de goûter pendant la cuisson. Elle disait que ça portait malheur. Elle a servi des plats immangeables pendant quarante ans avec une constance admirable.
Ma grand-mère servait toujours trop. Systématiquement. Refuser était perçu comme une prise de position politique.
Ma grand-mère gardait ses recettes dans un carnet à couverture verte qu'elle ne montrait à personne. À sa mort on l'a ouvert. Il n'y avait que des numéros de téléphone.
Le curry. J'ai raté ça plus de fois que je ne l'ai réussi, et c'est précisément ce qui me qualifie.
Le robinet gouttait. Un goutte-à-goutte lent, presque musical, qui reprenait exactement quand on croyait qu'il s'était arrêté.
Il y avait un courant d'air entre la porte et la fenêtre qui faisait battre le torchon accroché à la poignée. On appelait ça « le vent de la cuisine », comme si c'était un phénomène météorologique local.
Nous approchons de la fin. Je dis ça sans aucune garantie, et surtout sans engagement de ma part.
Le saviez-vous : le champignon est génétiquement plus proche de vous que de la salade. Repensez à votre dernière omelette.
Au retour, j'ai essayé de refaire ce que j'avais mangé là-bas. Ce n'était pas pareil. Ce n'est jamais pareil, et on continue quand même.
Il faisait trente-quatre degrés. Tout le monde cuisinait quand même, à midi, portes fermées. J'ai compris ce jour-là que je n'étais pas sérieux.
Il y avait un chat sur le muret, à droite en sortant. Toujours le même chat, toujours le même muret. Nous ne nous sommes jamais adressé la parole.
On m'a servi un plat dont je n'ai jamais retrouvé le nom. J'ai cherché pendant deux ans. J'ai fini par accepter que je l'avais peut-être rêvé.
Si vous lisez ceci sur votre téléphone, dans un couloir, en attendant quelqu'un : bon courage, il en reste.
Le saviez-vous : il existe plus de sept mille variétés de pommes, et les supermarchés en vendent six. Voilà. C'est tout ce que j'ai sur les pommes.
Roger ne figure sur aucune de mes vidéos. C'est un choix. Il n'a pas le tempérament, et surtout il vole la vedette.
Encore un paragraphe et on y est. Ce n'est pas vrai, mais l'espoir fait descendre.
Je sais ce que vous vous dites. Vous vous dites : est-ce que tout ça va quelque part. La réponse est non, et nous en sommes tous les deux conscients.
Le saviez-vous : l'ananas met deux ans à pousser. Deux ans, pour finir coupé en huit sur un plateau, à côté d'un cure-dent.
Le sol était en lino imitation tomettes. De loin ça marchait. De près, non. De toute façon on ne regarde pas le sol quand on mange.
Le curry. La première fois, c'était un dimanche. Je crois. Disons un dimanche, ça arrange le récit.
Il paraît que ce genre de texte aide le référencement. Je ne sais pas si c'est vrai. J'ai décidé que oui, parce que ça m'arrange.
Le saviez-vous : la banane est techniquement une baie, alors que la fraise n'en est pas une. J'ai déjà mentionné la fraise plus haut. Je me répète, c'est le principe.
Là, normalement, il y a une transition élégante vers la suite. Je ne l'ai pas trouvée. On continue quand même.
Merci d'avoir lu. Sincèrement. Vous êtes très peu.
Ingrédients
La marinade
- 120gyaourt entier
- 7ggaram masala
- 7ggros sel (type kasher)
- 340ghauts de cuisse de poulet désossés et sans peau
La sauce
- 15ghuile végétale
- 1/2oignon jaune, en petits dés
- 10–12ggingembre frais, en brunoise
- 3 goussesail, émincées
- Sel et poivre noir fraîchement moulu
- 4gpaprika fumé ou doux
- 4gcumin moulu
- 7ggaram masala
- 3gcurcuma (optionnel)facultatif
- 200gtomates concassées
- 80mleau
- 120mlcrème entière liquide
- 14gbeurre doux
Pour servir
- Coriandre fraîche pour la finition
- Riz jasmin vapeur pour accompagner
La recette
Mélanger le yaourt, le garam masala et le sel.
Couper le poulet en morceaux réguliers.
Faire mariner 30 minutes minimum.
Saisir le poulet à feu vif jusqu'à coloration, réserver.
Faire revenir l’oignon, le gingembre et l’ail avec sel et poivre.
Ajouter les épices, torréfier 1 à 2 minutes.
Ajouter les tomates + l’eau. Laisser réduire 5-8 minutes.
Remettre le poulet, mijoter 3-5 minutes.
Ajouter la crème, laisser frémir 3 minutes.
Hors du feu, incorporez le beurre doux à la toute fin pour lier et arrondir la sauce.
L'épisode
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