La creme de marron

Alors ?

Choisis un côté. Les deux sont possibles.

Faites-le····

La creme de marron

L'histoire de ma vietu peux ne pas cliquer

On va prendre notre temps. Vous n'avez rien de prévu, sinon vous ne seriez pas là.

Ma grand-mère avait deux couteaux. Un pour tout, et un qu'il ne fallait pas toucher. J'ai touché le deuxième une fois. Une seule.

Ma grand-mère avait un tablier qu'elle ne lavait qu'en août. Elle disait que le lavage enlevait le goût. Je n'ai jamais su si elle plaisantait.

Ma grand-mère détestait les livres de cuisine. Elle en avait onze. Ils étaient rangés par couleur, ce qui devrait vous dire à quel point elle les ouvrait.

Ma grand-mère salait au-dessus de la casserole, de très haut, avec un geste de semeur. Elle prétendait que ça répartissait mieux. Ça répartissait surtout sur le plan de travail.

La creme de marron. La première fois, c'était un dimanche. Je crois. Disons un dimanche, ça arrange le récit.

Le robinet gouttait. Un goutte-à-goutte lent, presque musical, qui reprenait exactement quand on croyait qu'il s'était arrêté.

Le frigo faisait un bruit de moteur de bateau. Il a tenu vingt-deux ans. Le remplacer a été vécu comme un deuil.

Nous approchons de la fin. Je dis ça sans aucune garantie, et surtout sans engagement de ma part.

Le saviez-vous : le mot « mayonnaise » a au moins quatre origines revendiquées, toutes défendues avec une agressivité disproportionnée.

Le village avait une place, une église et un bar. Le bar fermait à des horaires que personne ne connaissait, y compris le patron, que j'ai interrogé.

En 2017, j'ai passé onze jours en Toscane. Onze. Je les ai comptés. Le dixième jour, dans un village dont je ne dirai pas le nom parce que je ne veux pas qu'il devienne touristique, une femme de quatre-vingts ans m'a expliqué quelque chose qui a changé ma façon de cuisiner. Je ne me souviens plus de quoi.

Le vendeur de tomates s'appelait Marco. Ou Mario. C'était il y a longtemps. Il avait un tablier bleu et une opinion très arrêtée sur les courgettes, qu'il partageait sans qu'on lui demande.

J'ai rapporté un pot en terre cuite de ce voyage. Il est cassé maintenant. Je le garde quand même, dans un placard, dans un sac, parce que le jeter serait admettre quelque chose.

Un mot sur la longueur de ce texte : elle est volontaire, elle est excessive, et elle est le sujet.

Le saviez-vous : la carotte a été orange pour des raisons politiques avant de l'être pour des raisons de goût. J'ai vérifié une fois, il y a six ans, et je n'ai pas revérifié depuis.

Quand je goûte, Roger me regarde. Pas la nourriture. Moi. Il attend un verdict, comme vous, sauf que lui il attend depuis onze ans.

Vous pourriez fermer ce bloc. Le bouton est juste au-dessus, il s'appelle « L'histoire de ma vie » et il fonctionne dans les deux sens. Personne ne vous en voudra.

Statistiquement, vous avez sauté trois paragraphes. Je ne vous en veux pas. Je note, c'est tout.

Le saviez-vous : un escargot possède environ quatorze mille dents. Cette information ne vous servira jamais et pourtant vous ne l'oublierez plus.

Il y a une lumière particulière en septembre, vers dix-sept heures, quand elle tombe en biais sur la nappe cirée et qu'elle rend la farine presque orange. C'est à ce moment-là qu'il faut faire cette recette. Ce n'est pas une obligation. C'est juste mieux.

Vous êtes venu pour une chose et une seule : La creme de marron. Je le sais. Je fais durer, c'est mon seul pouvoir.

Ce passage a été écrit une fois et sert depuis. Comme une bonne sauce mère. Voilà, j'ai réussi à en faire une métaphore de cuisine.

Le saviez-vous : le poivre a servi de monnaie. C'est de là que vient l'expression « payer en espèces », et cette phrase est entièrement fausse, je viens de l'inventer.

J'ai un stock limité d'histoires et un nombre important de recettes. Faites le calcul, ou plutôt ne le faites pas.

Tout ça pour dire que la recette est en dessous. Elle a toujours été en dessous. Elle y était même avant que vous cliquiez sur ce bouton.

Ingrédients

  • 500 gChâtaignes (pelées et cuites)
  • 350 gSucre en poudre
  • 1 c. à caféGousse de vanille (ou 1 c. à café d’extrait de vanille), 1
  • 150 mlEau

La recette

  1. Préparer les châtaignes (si elles sont crues) :Si vous utilisez des châtaignes crues, entaillez-les avec un couteau et faites-les bouillir pendant 20 minutes.

  2. Épluchez-les encore chaudes, en retirant à la fois la peau externe et la fine peau intérieure.

  3. Si vous utilisez des châtaignes précuites sous vide(comme le fdp dans la video), vous pouvez passer cette étape.

  4. Dans une casserole, mélangez le sucre, l'eau et la gousse de vanille fendue (ou ajoutez l'extrait).

  5. Faites chauffer à feu moyen en remuant jusqu'à dissolution du sucre.

  6. Laissez mijoter pendant 5 minutes pour obtenir un sirop léger.

  7. Ajoutez les châtaignes dans le sirop.

  8. Faites cuire à feu doux pendant environ 20 minutes, en remuant de temps en temps, jusqu'à ce que les châtaignes soient bien imprégnées et tendres.

  9. Retirez la gousse de vanille si vous l’avez utilisée.

  10. Mixez le mélange à l'aide d'un blender ou d'un mixeur plongeant jusqu'à obtenir une texture lisse et crémeuse.

  11. Si la consistance est trop épaisse, ajoutez une cuillère à soupe d’eau à la fois jusqu’à obtenir la texture souhaitée.

  12. Remettez la crème de marrons dans la casserole et faites cuire à feu doux pendant encore 5 minutes en remuant constamment.

  13. Goûtez et regalez vous surtout parce que cest bien bon.

L'épisode

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