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Les coq ailes
L'histoire de ma vietu peux ne pas cliquer
Cette recette, je ne peux pas vous la donner comme ça. Il faut d'abord que vous compreniez d'où elle vient.
Ma grand-mère jugeait les gens sur la façon dont ils épluchaient. J'ai mis vingt ans à comprendre que c'était injuste, et je le fais toujours.
Ma grand-mère avait une cuisine minuscule. Trois mètres carrés, peut-être quatre. Elle disait toujours qu'une grande cuisine, c'est une cuisine où on marche au lieu de cuisiner.
Ma grand-mère parlait à ses casseroles. Pas beaucoup. Juste ce qu'il faut pour qu'on se demande.
Ma grand-mère salait au-dessus de la casserole, de très haut, avec un geste de semeur. Elle prétendait que ça répartissait mieux. Ça répartissait surtout sur le plan de travail.
Roger n'a jamais goûté ce que vous êtes venu chercher : Les coq ailes. Ce n'est pas faute d'avoir essayé, de son côté.
Le carrelage était jaune. Pas jaune vif, jaune fatigué, ce jaune des années soixante-dix qui a vu passer trois générations et deux divorces.
Il y a une lumière particulière en septembre, vers dix-sept heures, quand elle tombe en biais sur la nappe cirée et qu'elle rend la farine presque orange. C'est à ce moment-là qu'il faut faire cette recette. Ce n'est pas une obligation. C'est juste mieux.
Oui, je reparle de ma grand-mère. J'ai conscience du problème. Je n'ai pas l'intention de le régler.
Le saviez-vous : les cacahuètes ne sont pas des noix, les amandes non plus, et à ce stade je ne sais plus ce qu'est une noix.
J'ai pris des photos. Deux cent quarante. Je ne les ai jamais rouvertes, et pourtant je paie un abonnement mensuel pour les conserver.
On m'a servi un plat dont je n'ai jamais retrouvé le nom. J'ai cherché pendant deux ans. J'ai fini par accepter que je l'avais peut-être rêvé.
Le train pour y aller mettait quatre heures et s'arrêtait onze fois. Je peux vous citer les onze arrêts. Je ne vais pas le faire. Enfin, peut-être plus bas.
Au retour, j'ai essayé de refaire ce que j'avais mangé là-bas. Ce n'était pas pareil. Ce n'est jamais pareil, et on continue quand même.
Un mot sur la longueur de ce texte : elle est volontaire, elle est excessive, et elle est le sujet.
Le saviez-vous : le mot « casserole » vient du provençal « cassa », qui désignait une louche. On s'éloigne du sujet, j'en ai conscience.
Mon chien s'appelle Roger. Il n'a rien à voir avec cette recette mais il était là pendant que je l'écrivais, et il me semblerait malhonnête de ne pas le mentionner.
Il est possible que ce paragraphe existe déjà sur une autre page de ce site. Je ne vérifie pas. Personne ne vérifie.
Je sais ce que vous vous dites. Vous vous dites : est-ce que tout ça va quelque part. La réponse est non, et nous en sommes tous les deux conscients.
Le saviez-vous : le brocoli n'existe pas à l'état sauvage. Il a été inventé par des humains, à partir d'un chou, volontairement.
Il y avait un courant d'air entre la porte et la fenêtre qui faisait battre le torchon accroché à la poignée. On appelait ça « le vent de la cuisine », comme si c'était un phénomène météorologique local.
Les coq ailes. Nous y reviendrons. Enfin, j'y reviendrai, vous, vous êtes déjà en train de faire défiler.
J'ai un stock limité d'histoires et un nombre important de recettes. Faites le calcul, ou plutôt ne le faites pas.
Le saviez-vous : la carotte a été orange pour des raisons politiques avant de l'être pour des raisons de goût. J'ai vérifié une fois, il y a six ans, et je n'ai pas revérifié depuis.
J'aurais pu mettre la recette en haut. Beaucoup de gens le font. Ce sont des lâches.
Fin de l'histoire. Elle n'avait pas de fin prévue, j'ai simplement décidé que c'était maintenant.
Ingrédients
- 250 gailerons de poulet (ailes séparées : pilons + plats, debrouillez vous franchement c'est vraiment l'etape casse couilles)
- 20gfecule de mais
- 20gsirop de glucose ou de miel
- ½ cuillère à cafésel
- 20grhuile neutre
- paprika ou oignon jsp
La recette
Sécher les ailes avec du papier absorbant.
Enrober les ailes de fécule : mélanger les ailes avec la fécule jusqu’à ce qu’elles soient uniformément recouvertes.
Marinade : dans un bol, mélanger le sirop de glucose, le sel, l’huile et les épices optionnelles. Ajouter les ailes, bien mélanger pour les enrober et laisser reposer 15 à 30 minutes.
Au four (recommandé pour le croustillant) : préchauffez le four à 210 °C. Disposez les ailes sur une plaque recouverte de papier cuisson, sans les superposer. Comptez 35 à 40 minutes au total, en les retournant à mi-cuisson, jusqu'à ce qu'elles soient bien dorées.
38 min
Vérifiez la cuisson : la chair doit atteindre au moins 75 °C à cœur. Pour des ailes, viser 80 à 85 °C est encore meilleur, le collagène fond et la viande se détache toute seule.
L'épisode
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