La confiture

Alors ?

Choisis un côté. Les deux sont possibles.

Faites-le····

La confiture

L'histoire de ma vietu peux ne pas cliquer

Avant de commencer, il faut que je vous raconte quelque chose. C'est important. Enfin, ce n'est pas important, mais j'y tiens.

Ma grand-mère refusait catégoriquement de goûter pendant la cuisson. Elle disait que ça portait malheur. Elle a servi des plats immangeables pendant quarante ans avec une constance admirable.

Ma grand-mère gardait ses recettes dans un carnet à couverture verte qu'elle ne montrait à personne. À sa mort on l'a ouvert. Il n'y avait que des numéros de téléphone.

Ma grand-mère ne suivait jamais une recette jusqu'au bout. Elle s'arrêtait toujours deux étapes avant la fin et improvisait le reste, par principe.

Ma grand-mère faisait cuire ses plats au feeling et au bruit. Elle disait qu'un plat qui chante n'a pas besoin de minuteur. Elle avait raison, et ça ne m'a jamais servi à rien.

Le sujet du jour : La confiture. Il attendra encore un peu, comme tout le monde ici.

La lumière de fin d'après-midi entrait par la fenêtre de gauche, celle qui fermait mal, et elle traversait la vapeur au-dessus de la casserole. Je pourrais vous décrire ça pendant des heures. Je vais le faire.

Il y avait une odeur permanente, impossible à identifier, qui n'était désagréable pour personne sauf pour les invités.

Si vous avez lu une autre de mes recettes, cette partie va vous sembler familière. C'est normal. Je n'ai qu'une seule enfance.

Le saviez-vous : les cacahuètes ne sont pas des noix, les amandes non plus, et à ce stade je ne sais plus ce qu'est une noix.

On m'a servi un plat dont je n'ai jamais retrouvé le nom. J'ai cherché pendant deux ans. J'ai fini par accepter que je l'avais peut-être rêvé.

J'y suis retourné en 2021. Le marché existait toujours. Marco, ou Mario, non. Je n'ai pas osé demander et j'y pense encore de temps en temps, généralement le soir.

Le train pour y aller mettait quatre heures et s'arrêtait onze fois. Je peux vous citer les onze arrêts. Je ne vais pas le faire. Enfin, peut-être plus bas.

Le café coûtait quatre-vingt-dix centimes au comptoir et deux euros quarante en terrasse, pour une distance d'un mètre vingt. J'ai payé la terrasse. Chaque jour.

Je sais ce que vous vous dites. Vous vous dites : est-ce que tout ça va quelque part. La réponse est non, et nous en sommes tous les deux conscients.

Le saviez-vous : le miel ne périme pas. On en a retrouvé dans des tombes égyptiennes, encore comestible. Personne n'a précisé s'il était bon.

Roger a mangé un jour un oignon entier. Il va bien. Le vétérinaire m'a regardé comme si c'était ma faute, ce qui était le cas.

Vous vous demandez si je réutilise les mêmes anecdotes d'une recette à l'autre. Excellente question. Suivante.

Si vous lisez ceci sur votre téléphone, dans un couloir, en attendant quelqu'un : bon courage, il en reste.

Le saviez-vous : l'ananas met deux ans à pousser. Deux ans, pour finir coupé en huit sur un plateau, à côté d'un cure-dent.

Le frigo faisait un bruit de moteur de bateau. Il a tenu vingt-deux ans. Le remplacer a été vécu comme un deuil.

On me demande souvent si ça vaut vraiment le coup : La confiture, je veux dire. La réponse est plus bas, et elle est courte.

Je crois que j'ai déjà raconté ça ailleurs. Tant pis. Vous n'étiez peut-être pas là.

Le saviez-vous : la vanille est la deuxième épice la plus chère au monde. La première est le safran. La troisième, je ne sais pas, et cela me hante.

Oui, je reparle de ma grand-mère. J'ai conscience du problème. Je n'ai pas l'intention de le régler.

Voilà. Je crois que j'ai fait le tour. Enfin non, mais je vais m'arrêter là par pitié.

Ingrédients

  • 750 gfruits congelés (pas besoin de les décongeler)
  • 250gsucre en poudre
  • 1citron (jus + zeste en option)facultatif
  • de la vanille vite fait

La recette

  1. Préparer les fruits :Pas besoin de décongeler. Séparez juste les gros blocs si nécessaire. Les cristaux de glace ? Aucun souci, ils vont fondre à la cuisson et ajouter un peu de liquide.

  2. Macerer (Optionnel mais recommandé) :Si vous avez le temps, mélangez les fruits congelés avec le sucre et le jus de citron dans un grand bol. Laissez reposer à température ambiante pendant 1 à 24 heures. Cela aide à libérer les jus et intensifie les saveurs, mais ce n'est pas obligatoire.

  3. Cuire la confiture :Versez les fruits, le sucre et le jus de citron dans une grande casserole. Faites chauffer à feu doux pour décongeler doucement les fruits et dissoudre le sucre sans brûler.

  4. Une fois que les fruits sont tendres et que le mélange est liquide, augmentez à feu moyen-vif et portez à ébullition. Remuez régulièrement pour éviter que ça accroche, et écumez si besoin.

  5. Laissez cuire entre 30 et 40 minutes, selon la teneur en eau des fruits. Les fruits congelés libèrent plus de liquide, donc ça peut prendre un peu plus de temps pour épaissir.

  6. Si la confiture est trop liquide, ajoutez un peu de pectine

  7. Écrasez légèrement les fruits pendant la cuisson ou mixez une partie pour un résultat plus lisse.

  8. Mettez en pots : versez la confiture chaude dans des bocaux propres et ébouillantés, et fermez immédiatement. Retourner les bocaux 5 minutes n'est pas une stérilisation, ça ne suffit pas à la conserver hors du réfrigérateur.

  9. Avec 250 g de sucre pour 750 g de fruits, cette confiture est peu sucrée, donc peu protégée : c'est le sucre qui conserve. Gardez-la au réfrigérateur et consommez-la sous 3 à 4 semaines, ou congelez-la. Pour une conservation longue à température ambiante, il faut monter autour de 50 % de sucre et stériliser les bocaux au bain-marie.

L'épisode

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