Faites-le····
La chapelure
L'histoire de ma vietu peux ne pas cliquer
Cette histoire commence dans une cuisine qui n'existe plus, dans une maison vendue en 2009.
Ma grand-mère salait au-dessus de la casserole, de très haut, avec un geste de semeur. Elle prétendait que ça répartissait mieux. Ça répartissait surtout sur le plan de travail.
Ma grand-mère jugeait les gens sur la façon dont ils épluchaient. J'ai mis vingt ans à comprendre que c'était injuste, et je le fais toujours.
Ma grand-mère faisait cuire ses plats au feeling et au bruit. Elle disait qu'un plat qui chante n'a pas besoin de minuteur. Elle avait raison, et ça ne m'a jamais servi à rien.
Ma grand-mère parlait à ses casseroles. Pas beaucoup. Juste ce qu'il faut pour qu'on se demande.
La chapelure, donc. Nous n'en sommes pas encore là, et ce n'est pas faute d'avoir commencé.
Il y a une lumière particulière en septembre, vers dix-sept heures, quand elle tombe en biais sur la nappe cirée et qu'elle rend la farine presque orange. C'est à ce moment-là qu'il faut faire cette recette. Ce n'est pas une obligation. C'est juste mieux.
Il y avait une odeur permanente, impossible à identifier, qui n'était désagréable pour personne sauf pour les invités.
J'ai un stock limité d'histoires et un nombre important de recettes. Faites le calcul, ou plutôt ne le faites pas.
Le saviez-vous : la banane est techniquement une baie, alors que la fraise n'en est pas une. J'ai déjà mentionné la fraise plus haut. Je me répète, c'est le principe.
Le village avait une place, une église et un bar. Le bar fermait à des horaires que personne ne connaissait, y compris le patron, que j'ai interrogé.
Il y avait un chat sur le muret, à droite en sortant. Toujours le même chat, toujours le même muret. Nous ne nous sommes jamais adressé la parole.
J'ai rapporté un pot en terre cuite de ce voyage. Il est cassé maintenant. Je le garde quand même, dans un placard, dans un sac, parce que le jeter serait admettre quelque chose.
La femme de quatre-vingts ans, celle du dixième jour, m'a aussi dit quelque chose sur le sel. Ça non plus je ne m'en souviens pas. C'était peut-être la même phrase.
Là, normalement, il y a une transition élégante vers la suite. Je ne l'ai pas trouvée. On continue quand même.
Le saviez-vous : les cacahuètes ne sont pas des noix, les amandes non plus, et à ce stade je ne sais plus ce qu'est une noix.
Roger s'assoit systématiquement à l'endroit exact où je dois aller. Il le sait avant moi. Je n'ai pas d'explication rationnelle.
Il paraît que ce genre de texte aide le référencement. Je ne sais pas si c'est vrai. J'ai décidé que oui, parce que ça m'arrange.
Si vous avez lu une autre de mes recettes, cette partie va vous sembler familière. C'est normal. Je n'ai qu'une seule enfance.
Le saviez-vous : le miel ne périme pas. On en a retrouvé dans des tombes égyptiennes, encore comestible. Personne n'a précisé s'il était bon.
Le frigo faisait un bruit de moteur de bateau. Il a tenu vingt-deux ans. Le remplacer a été vécu comme un deuil.
La chapelure. La première fois, c'était un dimanche. Je crois. Disons un dimanche, ça arrange le récit.
Ce passage a été écrit une fois et sert depuis. Comme une bonne sauce mère. Voilà, j'ai réussi à en faire une métaphore de cuisine.
Le saviez-vous : la vanille est la deuxième épice la plus chère au monde. La première est le safran. La troisième, je ne sais pas, et cela me hante.
J'hésite à couper ce paragraphe. Je vais le garder. Voilà, la décision est prise, nous pouvons avancer.
Et c'est ainsi que je n'ai toujours rien expliqué. La recette, elle, explique tout, et elle est juste en dessous.
Ingrédients
- Tous les types de pains blancs (pas de racisme) conviennent, que ce soit une baguette, du pain de mie, etc.
La recette
Préchauffez votre four à 150°C.
Prenez vos tranches de pain blanc et retirez les croûtes. Vous pouvez le faire simplement en les coupant avec un couteau.
Une fois que vous avez retiré les croûtes, déchirez le pain en morceaux plus petits.
Placez les morceaux de pain déchirés sur une plaque de cuisson recouverte de papier parchemin ou d'un tapis de cuisson en silicone, en veillant à ce qu'ils soient étalés en une seule couche.
Faites cuire le pain dans le four préchauffé pendant environ 15 à 20 minutes, ou jusqu'à ce qu'il soit complètement desséché et doré. Surveillez pour éviter qu'il ne brûle, honnêtement ça peut aller bcp plus vite que 15mins donc faites gaffe
Une fois que le pain est complètement desséché et croustillant, retirez-le du four et laissez-le refroidir.
Une fois refroidis, transférez les morceaux de pain desséchés dans un robot culinaire ou un mixeur.
Pulsez le pain desséché jusqu'à obtenir une texture grossière, semblable à des miettes de pain. Faites attention de ne pas trop le traiter, vous ne voulez pas qu'il se transforme en poudre fine.
Si vous préférez des miettes de pain plus fines, vous pouvez les tamiser à travers un tamis à mailles fines pour enlever les morceaux plus gros.
Une fois la texture obtenue, votre chapelure est prête. Ce n'est pas du panko au sens strict, qui se fait avec un pain cuit sans croûte et donne des flocons plus légers, mais elle fait le même travail. Conservez-la dans un récipient hermétique à température ambiante environ une semaine, ou au congélateur pour plus longtemps.
L'épisode
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