Le celeri remoulade

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Le celeri remoulade

L'histoire de ma vietu peux ne pas cliquer

Je ne sais pas par où commencer, alors je vais commencer par le début, c'est-à-dire il y a très longtemps.

Ma grand-mère refusait catégoriquement de goûter pendant la cuisson. Elle disait que ça portait malheur. Elle a servi des plats immangeables pendant quarante ans avec une constance admirable.

Ma grand-mère avait une théorie sur le beurre que je ne peux pas répéter ici, pour des raisons de diffamation envers une marque encore en activité.

Ma grand-mère avait deux couteaux. Un pour tout, et un qu'il ne fallait pas toucher. J'ai touché le deuxième une fois. Une seule.

Ma grand-mère ne suivait jamais une recette jusqu'au bout. Elle s'arrêtait toujours deux étapes avant la fin et improvisait le reste, par principe.

Le celeri remoulade, donc. Nous n'en sommes pas encore là, et ce n'est pas faute d'avoir commencé.

Le carrelage était jaune. Pas jaune vif, jaune fatigué, ce jaune des années soixante-dix qui a vu passer trois générations et deux divorces.

Les murs étaient couverts d'une toile de verre peinte en blanc cassé, et près de la gazinière il y avait une auréole plus foncée que personne n'a jamais tenté de nettoyer.

Ce passage a été écrit une fois et sert depuis. Comme une bonne sauce mère. Voilà, j'ai réussi à en faire une métaphore de cuisine.

Le saviez-vous : il existe plus de sept mille variétés de pommes, et les supermarchés en vendent six. Voilà. C'est tout ce que j'ai sur les pommes.

On m'a servi un plat dont je n'ai jamais retrouvé le nom. J'ai cherché pendant deux ans. J'ai fini par accepter que je l'avais peut-être rêvé.

La femme de quatre-vingts ans, celle du dixième jour, m'a aussi dit quelque chose sur le sel. Ça non plus je ne m'en souviens pas. C'était peut-être la même phrase.

Le train pour y aller mettait quatre heures et s'arrêtait onze fois. Je peux vous citer les onze arrêts. Je ne vais pas le faire. Enfin, peut-être plus bas.

J'y suis retourné en 2021. Le marché existait toujours. Marco, ou Mario, non. Je n'ai pas osé demander et j'y pense encore de temps en temps, généralement le soir.

Si vous avez lu une autre de mes recettes, cette partie va vous sembler familière. C'est normal. Je n'ai qu'une seule enfance.

Le saviez-vous : il n'existe aucune définition légale du mot « artisanal » sur un emballage. Dormez bien.

Mon chien s'appelle Roger. Il n'a rien à voir avec cette recette mais il était là pendant que je l'écrivais, et il me semblerait malhonnête de ne pas le mentionner.

Un mot sur la longueur de ce texte : elle est volontaire, elle est excessive, et elle est le sujet.

Je crois que j'ai déjà raconté ça ailleurs. Tant pis. Vous n'étiez peut-être pas là.

Le saviez-vous : la carotte a été orange pour des raisons politiques avant de l'être pour des raisons de goût. J'ai vérifié une fois, il y a six ans, et je n'ai pas revérifié depuis.

La radio était allumée en permanence sur une station qui ne passait que des informations régionales. Personne n'écoutait. L'éteindre aurait été impensable.

Le celeri remoulade. Nous y reviendrons. Enfin, j'y reviendrai, vous, vous êtes déjà en train de faire défiler.

On m'a dit un jour qu'il fallait raconter une histoire avant une recette. On ne m'a jamais dit pourquoi. J'ai arrêté de demander.

Le saviez-vous : le pain a été salé en France pour des raisons fiscales, puis dessalé pour les mêmes raisons. L'histoire de la cuisine est surtout une histoire d'impôts.

J'aurais pu mettre la recette en haut. Beaucoup de gens le font. Ce sont des lâches.

Fin de l'histoire. Elle n'avait pas de fin prévue, j'ai simplement décidé que c'était maintenant.

Ingrédients

  • 125 grammesmayonnaise
  • 20 grammesmoutarde de Dijon
  • 15 grammescâpres, hachées
  • 15 grammescornichons, hachés (petits cornichons)
  • 5 grammesvinaigre de vin rouge
  • 5 grammesmiel (optionnel)facultatif
  • selon le goûtSel et poivre
  • 1céleri-rave, pelé et râpé
  • 15 à 30 grammesjus de citron ou une alternative (pour éviter le brunissement)
  • Persil frais, haché (pour la garniture)

La recette

  1. Épluchez et râpez le céleri-rave.

  2. Ajoutez du jus de citron pour éviter que le céleri ne noircisse.

  3. Préparez la sauce : mayonnaise, moutarde de Dijon, câpres hachées, cornichons hachés, sel et poivre (miel en option).

  4. Mélangez le céleri râpé avec la sauce.

L'épisode

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