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La buche
L'histoire de ma vietu peux ne pas cliquer
Il y a des plats qu'on cuisine, et il y a des plats qui vous cuisinent. Celui-ci appartient à la deuxième catégorie.
Ma grand-mère ne suivait jamais une recette jusqu'au bout. Elle s'arrêtait toujours deux étapes avant la fin et improvisait le reste, par principe.
Ma grand-mère faisait cuire ses plats au feeling et au bruit. Elle disait qu'un plat qui chante n'a pas besoin de minuteur. Elle avait raison, et ça ne m'a jamais servi à rien.
Ma grand-mère refusait catégoriquement de goûter pendant la cuisson. Elle disait que ça portait malheur. Elle a servi des plats immangeables pendant quarante ans avec une constance admirable.
Ma grand-mère ne mesurait rien. Jamais. Elle regardait le saladier et elle savait. Quand je lui demandais combien, elle répondait « ce qu'il faut », ce qui n'a jamais aidé personne.
Le sujet du jour : La buche. Il attendra encore un peu, comme tout le monde ici.
En hiver la fenêtre se couvrait de buée et quelqu'un écrivait toujours quelque chose dessus. Généralement une bêtise. Une fois, une vérité, et ça a jeté un froid.
Il y a une lumière particulière en septembre, vers dix-sept heures, quand elle tombe en biais sur la nappe cirée et qu'elle rend la farine presque orange. C'est à ce moment-là qu'il faut faire cette recette. Ce n'est pas une obligation. C'est juste mieux.
Ce passage a été écrit une fois et sert depuis. Comme une bonne sauce mère. Voilà, j'ai réussi à en faire une métaphore de cuisine.
Le saviez-vous : un citron flotte et un citron vert coule. J'ai passé une soirée entière à vérifier. Ce n'était pas une bonne soirée.
J'y suis retourné en 2021. Le marché existait toujours. Marco, ou Mario, non. Je n'ai pas osé demander et j'y pense encore de temps en temps, généralement le soir.
On m'a servi un plat dont je n'ai jamais retrouvé le nom. J'ai cherché pendant deux ans. J'ai fini par accepter que je l'avais peut-être rêvé.
J'ai pris des photos. Deux cent quarante. Je ne les ai jamais rouvertes, et pourtant je paie un abonnement mensuel pour les conserver.
La chambre donnait sur une cour intérieure où une dame étendait du linge à sept heures du matin, tous les jours, y compris le dimanche, y compris quand il pleuvait.
Statistiquement, vous avez sauté trois paragraphes. Je ne vous en veux pas. Je note, c'est tout.
Le saviez-vous : la vanille est la deuxième épice la plus chère au monde. La première est le safran. La troisième, je ne sais pas, et cela me hante.
Roger s'assoit systématiquement à l'endroit exact où je dois aller. Il le sait avant moi. Je n'ai pas d'explication rationnelle.
Encore un paragraphe et on y est. Ce n'est pas vrai, mais l'espoir fait descendre.
À ce stade, la plupart des gens ont abandonné. Si vous êtes encore là, vous êtes soit très patient, soit en train de faire autre chose en même temps. Les deux me vont.
Le saviez-vous : le pain a été salé en France pour des raisons fiscales, puis dessalé pour les mêmes raisons. L'histoire de la cuisine est surtout une histoire d'impôts.
Le frigo faisait un bruit de moteur de bateau. Il a tenu vingt-deux ans. Le remplacer a été vécu comme un deuil.
Roger n'a jamais goûté ce que vous êtes venu chercher : La buche. Ce n'est pas faute d'avoir essayé, de son côté.
Ce paragraphe n'apporte strictement rien. Il est là pour la même raison que tous les autres : parce que plus vous descendez, mieux je me porte.
Le saviez-vous : il n'existe aucune définition légale du mot « artisanal » sur un emballage. Dormez bien.
J'ai un stock limité d'histoires et un nombre important de recettes. Faites le calcul, ou plutôt ne le faites pas.
Et c'est ainsi que je n'ai toujours rien expliqué. La recette, elle, explique tout, et elle est juste en dessous.
Ingrédients
- 4gros œufs
- 100 gsucre en poudre
- 70 gfarine tout usage
- 30 gcacao en poudre
- 1 c. à caféextrait de vanille
- ¼ c. à cafésel
- 200 mlcrème liquide entière
- 100 gchocolat noir, haché
- Sucre glace pour saupoudrer
La recette
Préchauffez votre four à 180°C préparez une plaque de cuisson (avec du papier sulfu) de 30x40
Dans un grand bol, fouettez les jaunes d'œufs avec la moitié du sucre jusqu'à ce que le mélange blanchisse et devienne mousseux. Ajoutez l'extrait de vanille
Dans un autre bol, battez les blancs d'œufs avec le reste du sucre et le sel jusqu'à l'obtention de pics fermes.
Incorporez délicatement les blancs d'œufs aux jaunes en plusieurs fois.
Tamisez la farine et le cacao en poudre au-dessus du mélange et incorporez délicatement pour éviter de faire retomber la pâte.
Étalez la pâte uniformément sur la plaque préparée. Enfournez pendant 10 à 12 minutes, jusqu'à ce que le biscuit reprenne sa forme au toucher.
Dès la sortie du four, roulez le biscuit chaud avec le torchon (en partant d'un petit côté) pour lui donner la forme d'un rouleau, puis laissez-le refroidir ainsi enroulé.
Faites chauffer la crème liquide jusqu'à frémissement, puis versez-la sur le chocolat noir haché.
Laissez reposer 2 minutes, puis mélangez jusqu'à obtenir une texture lisse.
Filmez la ganache au contact et laissez-la refroidir complètement, au moins 2 heures au réfrigérateur. À 200 ml de crème pour 100 g de chocolat, elle est bien trop liquide pour être étalée telle quelle.
Fouettez la ganache froide au batteur jusqu'à ce qu'elle prenne du volume et devienne tartinable. Ne la fouettez pas trop, elle grainerait.
Étalez uniformément la garniture au chocolat fouettée sur toute la surface du biscuit.
Roulez le biscuit à nouveau, cette fois sans le torchon, pour former une bûche.
Saupoudrez de sucre glace pour imiter la neige
L'épisode
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