Faites-le···
Biscuits bretons
L'histoire de ma vietu peux ne pas cliquer
Attendez. Avant la recette, il y a une chose que personne ne vous a jamais dite, et il y a une raison à ça.
Ma grand-mère avait un tablier qu'elle ne lavait qu'en août. Elle disait que le lavage enlevait le goût. Je n'ai jamais su si elle plaisantait.
Ma grand-mère laissait la porte du four ouverte après cuisson, l'hiver, pour chauffer la pièce. Je sais que c'est déconseillé. Elle le savait aussi.
Ma grand-mère servait toujours trop. Systématiquement. Refuser était perçu comme une prise de position politique.
Ma grand-mère refusait catégoriquement de goûter pendant la cuisson. Elle disait que ça portait malheur. Elle a servi des plats immangeables pendant quarante ans avec une constance admirable.
Roger n'a jamais goûté ce que vous êtes venu chercher : Biscuits bretons. Ce n'est pas faute d'avoir essayé, de son côté.
Il y avait une horloge murale qui avançait de sept minutes. Personne ne l'a jamais réglée. Toute la famille calculait, en silence, depuis 1988.
Le carrelage était jaune. Pas jaune vif, jaune fatigué, ce jaune des années soixante-dix qui a vu passer trois générations et deux divorces.
Prenez votre temps pour lire ce passage. Rien ne presse. La recette ne va nulle part. Moi non plus, apparemment.
Le saviez-vous : la vanille est la deuxième épice la plus chère au monde. La première est le safran. La troisième, je ne sais pas, et cela me hante.
La femme de quatre-vingts ans, celle du dixième jour, m'a aussi dit quelque chose sur le sel. Ça non plus je ne m'en souviens pas. C'était peut-être la même phrase.
Le train pour y aller mettait quatre heures et s'arrêtait onze fois. Je peux vous citer les onze arrêts. Je ne vais pas le faire. Enfin, peut-être plus bas.
Il y avait un marché le mardi. Toujours le mardi. Jamais le mercredi, ne me demandez pas pourquoi, personne n'a su me l'expliquer et j'ai posé la question à quatre personnes.
J'ai mangé la même chose quatre soirs de suite dans le même restaurant. Le serveur a fini par ne plus apporter la carte. C'est la plus belle chose qui me soit arrivée en voyage.
À ce stade, la plupart des gens ont abandonné. Si vous êtes encore là, vous êtes soit très patient, soit en train de faire autre chose en même temps. Les deux me vont.
Le saviez-vous : le mot « mayonnaise » a au moins quatre origines revendiquées, toutes défendues avec une agressivité disproportionnée.
J'ai failli appeler Roger autrement. Je ne dirai pas comment. Il a échappé à quelque chose et il l'ignore.
Certains blogs mettent une photo tous les deux paragraphes. Je n'ai pas de photo. Imaginez-en une. Prenez le temps qu'il faut.
Ce paragraphe n'apporte strictement rien. Il est là pour la même raison que tous les autres : parce que plus vous descendez, mieux je me porte.
Le saviez-vous : l'ananas met deux ans à pousser. Deux ans, pour finir coupé en huit sur un plateau, à côté d'un cure-dent.
Il y a une lumière particulière en septembre, vers dix-sept heures, quand elle tombe en biais sur la nappe cirée et qu'elle rend la farine presque orange. C'est à ce moment-là qu'il faut faire cette recette. Ce n'est pas une obligation. C'est juste mieux.
Techniquement, cette histoire n'a aucun rapport avec ce qui nous réunit : Biscuits bretons. Techniquement.
Un mot sur la longueur de ce texte : elle est volontaire, elle est excessive, et elle est le sujet.
Le saviez-vous : il existe plus de sept mille variétés de pommes, et les supermarchés en vendent six. Voilà. C'est tout ce que j'ai sur les pommes.
Vous pourriez fermer ce bloc. Le bouton est juste au-dessus, il s'appelle « L'histoire de ma vie » et il fonctionne dans les deux sens. Personne ne vous en voudra.
Merci d'avoir lu. Sincèrement. Vous êtes très peu.
Ingrédients
- 1œuf
- 1jaune d'œuf
- 80 gsucre
- 160 gfarine
- 4 glevure chimique
- 90 gbeurre
- 2 pincéessel
La recette
Fais fondre le beurre, puis laisse-le tiédir quelques minutes.
Dans un saladier, mélange l'œuf et le jaune d'œuf avec les 80 g de sucre jusqu'à obtenir un mélange homogène.
Ajoute le beurre fondu et mélange.
Ajoute la farine, les 4 g de levure chimique et les 2 pincées de sel.
Mélange d'abord avec une cuillère, puis avec les mains jusqu'à obtenir une belle boule de pâte homogène. Évite de trop la pétrir.
Filme la pâte et mets-la 30 minutes au réfrigérateur pour qu'elle soit plus facile à travailler.
Préchauffe le four à 180 °C.
Étale la pâte sur environ 5 à 7 mm d'épaisseur, puis découpe tes biscuits.
Dépose-les sur une plaque recouverte de papier cuisson.
Enfourne environ 10 à 14 minutes, jusqu'à ce que les bords soient bien dorés.
180 °C
Laisse-les refroidir sur une grille : ils vont devenir plus fermes en refroidissant.
L'épisode
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