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La biere au gingembre
L'histoire de ma vietu peux ne pas cliquer
Avant de commencer, il faut que je vous raconte quelque chose. C'est important. Enfin, ce n'est pas important, mais j'y tiens.
Ma grand-mère servait toujours trop. Systématiquement. Refuser était perçu comme une prise de position politique.
Ma grand-mère gardait ses recettes dans un carnet à couverture verte qu'elle ne montrait à personne. À sa mort on l'a ouvert. Il n'y avait que des numéros de téléphone.
Ma grand-mère avait un tablier qu'elle ne lavait qu'en août. Elle disait que le lavage enlevait le goût. Je n'ai jamais su si elle plaisantait.
Ma grand-mère avait deux couteaux. Un pour tout, et un qu'il ne fallait pas toucher. J'ai touché le deuxième une fois. Une seule.
Le sujet du jour : La biere au gingembre. Il attendra encore un peu, comme tout le monde ici.
Les murs étaient couverts d'une toile de verre peinte en blanc cassé, et près de la gazinière il y avait une auréole plus foncée que personne n'a jamais tenté de nettoyer.
Il y avait une horloge murale qui avançait de sept minutes. Personne ne l'a jamais réglée. Toute la famille calculait, en silence, depuis 1988.
Vous pourriez fermer ce bloc. Le bouton est juste au-dessus, il s'appelle « L'histoire de ma vie » et il fonctionne dans les deux sens. Personne ne vous en voudra.
Le saviez-vous : la tomate a été considérée comme toxique en Europe pendant deux siècles. Deux siècles de perdus. On ne rattrape pas ça.
Le café coûtait quatre-vingt-dix centimes au comptoir et deux euros quarante en terrasse, pour une distance d'un mètre vingt. J'ai payé la terrasse. Chaque jour.
En 2017, j'ai passé onze jours en Toscane. Onze. Je les ai comptés. Le dixième jour, dans un village dont je ne dirai pas le nom parce que je ne veux pas qu'il devienne touristique, une femme de quatre-vingts ans m'a expliqué quelque chose qui a changé ma façon de cuisiner. Je ne me souviens plus de quoi.
Le vendeur de tomates s'appelait Marco. Ou Mario. C'était il y a longtemps. Il avait un tablier bleu et une opinion très arrêtée sur les courgettes, qu'il partageait sans qu'on lui demande.
Il y avait un chat sur le muret, à droite en sortant. Toujours le même chat, toujours le même muret. Nous ne nous sommes jamais adressé la parole.
Nous approchons de la fin. Je dis ça sans aucune garantie, et surtout sans engagement de ma part.
Le saviez-vous : le miel ne périme pas. On en a retrouvé dans des tombes égyptiennes, encore comestible. Personne n'a précisé s'il était bon.
J'ai failli appeler Roger autrement. Je ne dirai pas comment. Il a échappé à quelque chose et il l'ignore.
J'hésite à couper ce paragraphe. Je vais le garder. Voilà, la décision est prise, nous pouvons avancer.
Si vous lisez ceci sur votre téléphone, dans un couloir, en attendant quelqu'un : bon courage, il en reste.
Le saviez-vous : les cacahuètes ne sont pas des noix, les amandes non plus, et à ce stade je ne sais plus ce qu'est une noix.
Il y avait un courant d'air entre la porte et la fenêtre qui faisait battre le torchon accroché à la poignée. On appelait ça « le vent de la cuisine », comme si c'était un phénomène météorologique local.
Ma grand-mère avait un avis sur tout, y compris sur ce qui nous occupe : La biere au gingembre. Elle n'en avait jamais fait.
À ce stade, la plupart des gens ont abandonné. Si vous êtes encore là, vous êtes soit très patient, soit en train de faire autre chose en même temps. Les deux me vont.
Le saviez-vous : un four domestique ment sur sa température d'environ vingt degrés. Le vôtre aussi. Bonne chance.
Ce passage a été écrit une fois et sert depuis. Comme une bonne sauce mère. Voilà, j'ai réussi à en faire une métaphore de cuisine.
Fin de l'histoire. Elle n'avait pas de fin prévue, j'ai simplement décidé que c'était maintenant.
Ingrédients
- 150 gGingembre frais
- 250 gSucre
- 2 à 3Jus de citron
- 4 LEau
- 0,5 gLevure de démarrage
La recette
Dans une grande casserole, portez à ébullition environ la moitié de l'eau (soit environ 2 L). Ajoutez le gingembre (plus le gingembre est coupé court, mieux c'est, râpé encore mieux) et le sucre. Laissez mijoter doucement pendant 10 à 15 minutes pour extraire pleinement la saveur du gingembre et dissoudre le sucre.
Retirez la casserole du feu et ajoutez le jus des citrons. Ensuite, complétez avec le reste de l'eau froide afin d'amener le liquide à température ambiante. Cette étape de refroidissement est cruciale, car une température trop élevée pourrait tuer la levure que vous ajouterez par la suite.
Ajouter la levure : Si vous optez pour la levure de champagne, une fois le mélange refroidi à température ambiante, saupoudrez une petite pincée et mélangez bien.
Couvrez la casserole avec un linge propre ou un couvercle non hermétique afin de permettre la circulation de l'air tout en empêchant les contaminations. Laissez reposer dans un endroit chaud (environ 21-24 °C) pendant 2 à 3 jours. Vous devriez observer la formation de bulles, signe que la levure transforme les sucres en alcool et en dioxyde de carbone.
Après la première fermentation, filtrez le liquide afin d'enlever les morceaux de gingembre à l'aide d'une passoire fine ou d'une étamine.
Mettez en bouteilles PLASTIQUE, pas en verre : c'est le seul moyen de sentir la pression avec le doigt. Laissez à température ambiante 24 à 48 heures pour la carbonatation, en pressant la bouteille plusieurs fois par jour. Dès qu'elle est dure et ne s'enfonce plus, c'est prêt.
Une fois fini, mettez au frigo, il faut freiner la fermentation.
L'épisode
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