Les bagels

Alors ?

Choisis un côté. Les deux sont possibles.

Faites-le··

Les bagels

L'histoire de ma vietu peux ne pas cliquer

Il y a des plats qu'on cuisine, et il y a des plats qui vous cuisinent. Celui-ci appartient à la deuxième catégorie.

Ma grand-mère parlait à ses casseroles. Pas beaucoup. Juste ce qu'il faut pour qu'on se demande.

Ma grand-mère ne mesurait rien. Jamais. Elle regardait le saladier et elle savait. Quand je lui demandais combien, elle répondait « ce qu'il faut », ce qui n'a jamais aidé personne.

Ma grand-mère avait une balance. Elle ne s'en servait pas. Elle la gardait sur l'étagère du haut, hors de portée, comme un avertissement adressé à je ne sais qui.

Ma grand-mère appelait le four « la bête ». Elle ne l'a jamais expliqué et nous n'avons jamais demandé, parce qu'à un certain âge on choisit ses combats.

Les bagels. J'ai raté ça plus de fois que je ne l'ai réussi, et c'est précisément ce qui me qualifie.

La radio était allumée en permanence sur une station qui ne passait que des informations régionales. Personne n'écoutait. L'éteindre aurait été impensable.

La lumière de fin d'après-midi entrait par la fenêtre de gauche, celle qui fermait mal, et elle traversait la vapeur au-dessus de la casserole. Je pourrais vous décrire ça pendant des heures. Je vais le faire.

Encore un paragraphe et on y est. Ce n'est pas vrai, mais l'espoir fait descendre.

Le saviez-vous : un escargot possède environ quatorze mille dents. Cette information ne vous servira jamais et pourtant vous ne l'oublierez plus.

Le village avait une place, une église et un bar. Le bar fermait à des horaires que personne ne connaissait, y compris le patron, que j'ai interrogé.

La chambre donnait sur une cour intérieure où une dame étendait du linge à sept heures du matin, tous les jours, y compris le dimanche, y compris quand il pleuvait.

J'ai pris des photos. Deux cent quarante. Je ne les ai jamais rouvertes, et pourtant je paie un abonnement mensuel pour les conserver.

Il y avait un marché le mardi. Toujours le mardi. Jamais le mercredi, ne me demandez pas pourquoi, personne n'a su me l'expliquer et j'ai posé la question à quatre personnes.

Prenez votre temps pour lire ce passage. Rien ne presse. La recette ne va nulle part. Moi non plus, apparemment.

Le saviez-vous : la banane est techniquement une baie, alors que la fraise n'en est pas une. J'ai déjà mentionné la fraise plus haut. Je me répète, c'est le principe.

Roger a une opinion sur cette recette. Il l'exprime en se couchant lourdement contre le four, ce qui n'est pas très clair.

Statistiquement, vous avez sauté trois paragraphes. Je ne vous en veux pas. Je note, c'est tout.

Certains blogs mettent une photo tous les deux paragraphes. Je n'ai pas de photo. Imaginez-en une. Prenez le temps qu'il faut.

Le saviez-vous : le miel ne périme pas. On en a retrouvé dans des tombes égyptiennes, encore comestible. Personne n'a précisé s'il était bon.

Le robinet gouttait. Un goutte-à-goutte lent, presque musical, qui reprenait exactement quand on croyait qu'il s'était arrêté.

Roger n'a jamais goûté ce que vous êtes venu chercher : Les bagels. Ce n'est pas faute d'avoir essayé, de son côté.

Je crois que j'ai déjà raconté ça ailleurs. Tant pis. Vous n'étiez peut-être pas là.

Le saviez-vous : la noix de muscade est légèrement hallucinogène à forte dose. Ce n'est pas une invitation, c'est une note de bas de page.

Si vous avez lu une autre de mes recettes, cette partie va vous sembler familière. C'est normal. Je n'ai qu'une seule enfance.

Voilà. Je crois que j'ai fait le tour. Enfin non, mais je vais m'arrêter là par pitié.

Ingrédients

  • 5 glevure sèche
  • 160 mleau tiède (environ 32 °C)
  • 11,5 gsucre
  • 250 gfarine à pain (farine de force)
  • 3 gsel
  • 10 gmiel
  • 3 gpoudre d’oignon

La recette

  1. Dans un bol, mélange la levure, l’eau tiède, et le sucre aussi si vous voulez. Remue légèrement et laisse reposer 10 minutes jusqu’à ce que ça mousse.

  2. Dans un grand bol, ajoute la farine, le sel, puis verse le mélange de levure. Mélange à la main jusqu’à obtenir une pâte homogène.

  3. Transfère la pâte sur un plan de travail et pétris pendant environ 10 minutes jusqu’à ce qu’elle soit lisse et élastique.

  4. Forme une boule, place-la dans un bol légèrement huilé, couvre d’un torchon humide et laisse lever 1 heure.

  5. Une fois la pâte levée (elle doit doubler de volume), dégaze-la en appuyant au centre.

  6. Dépose la pâte sur un plan de travail légèrement fariné et divise-la en 4 parts égales.

  7. Forme chaque morceau en boule en pinçant la base pour créer une soudure, puis roule chaque boule sur le plan de travail (non fariné) pour la lisser. Couvre d’un torchon humide et laisse reposer 10 minutes.

  8. Pour former les bagels, enfonce ton pouce et ton index farinés au centre d’une boule pour percer un trou. Fais tourner doucement autour de tes doigts pour élargir jusqu’à environ 2-3 cm de diamètre.

  9. Fais bouillir une grande casserole d'eau et ajoutes-y les 10 g de miel. À savoir que vous pouvez aussi assaisonner cette eau de mélasse, de sel, et d'autres trucs que vous voulez en vrai.

  10. Plonge les bagels un par un, en laissant de la place pour qu’ils gonflent. Laisse-les cuire 1 à 2 minutes de chaque côté.

  11. Égoutte-les, dépose-les sur une plaque légèrement huilée, badigeonne-les de dorure (œuf battu, mais optionnel) et saupoudre-les des 3 g de poudre d'oignon.

  12. Enfourne à 220 °C pendant 20 minutes jusqu’à ce qu’ils soient bien dorés.

L'épisode

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